Archives de la catégorie ‘2 femmes’

La mort de Cléopâtre

Publié: avril 27, 2015 dans 1 arts et pouvoir, 2 femmes

La mort de Cléopâtre

Problématique: la femme

Contexte historique: au cours de la fin de la République romaine, Cléopâtre, reine d’Egypte, fut en relation avec tous les hommes politiques et eut un destin exceptionnel. Cultivée, intelligente, fine politicienne, elle fut la maîtresse de César, puis de Marc Antoine et passe pour la figure féminine la plus célèbre de l’antiquité. La postérité garde d’elle une image contrastée: considérée par les partisans du futur Auguste comme une femme manipulatrice qui use de ses charmes pour ensorceler le général Marc Antoine et ainsi obtenir de lui des « cadeaux » pour l’Egypte, elle est aussi celle qui meurt pour l’honneur et qui résiste à sa façon (un peu insolente) à l’empire romain.

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Alessandro Turchi, La mort de Cléopâtre, vers 1640
huile sur toile 255 cm x 267 cm  Musée du Louvre. Paris

A/ L’histoire: les sources littéraires

Après la défaite des troupes d’Antoine et de Cléopâtre à Actium en 31 av J.C. contre Octave, il ne reste plus aux vaincus qu’à mourir pour échapper à l’humiliation de la défaite.

La mort d’Antoine

Cléopâtre selon la version de Plutarque dans les Vies Parallèles se réfugie dans son Mausolée alors inachevé et fait prévenir Antoine qu’elle est morte. Antoine le croit et se dit à lui-même :  » O Cléopâtre, ce dont je souffre, ce n’est pas d’être privé de toi, car c’est dans l’instant que je vais te rejoindre, mais c’est que moi un général d’une telle renommée, je me sois montré inférieur en courage à une femme. »

Puis il demande à son serviteur Eros de le tuer ; ce dernier préfère se donner la mort plutôt que d’obéir à son maître. Antoine, alors, défait sa cuirasse et se frappe au ventre avec son épée. Cléopâtre fera transporter son amant agonisant au Mausolée. Octave laissera à Cléopâtre le corps d’Antoine pour qu’elle l’enterre selon ses volontés.

La mort de Cléopâtre

Cléopâtre tente d’abord de se tuer à l’aide d’une dague de brigand qu’elle portait à la ceinture, la plaie s’infecte et Cléopâtre y voit l’avantage de mourir sans avoir recours au suicide. Octave vient s’entretenir avec elle ; il la trouve vêtue d’une simple tunique. Cependant le charme fameux dont elle était douée et l’orgueil que lui inspirait sa beauté opèrent auprès d’Octave. Elle lui laisse croire à son envie de vivre puis, après son départ, décide de mettre fin à ses jours. L’aspic, selon Plutarque, aurait été placé dans une corbeille de figues, dissimulé sous des feuilles. Cléopâtre en aurait donné l’ordre pour que l’animal l’attaquât sans qu’elle le sût. En enlevant des figues, Cléopâtre le vit et offrit son bras à la morsure. Puis elle fit parvenir une lettre à Octave. Il envoya aussitôt auprès d’elle ses gens :

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(…) « ils la trouvèrent morte, allongée sur un lit d’or, parée de ses vêtements royaux. L’une de ses suivantes nommée Iras était en train de mourir à ses pieds ; l’autre, Charmion déjà chancelante et la tête alourdie arrangeait le diadème autour de la tête de sa maîtresse.  »

Telle fut la fin de Cléopâtre, fin « digne de la descendante de tant de rois  » selon le mot de Charmion à l’un des envoyés d’Octave.

Cléopâtre est au second plan du tableau. Elle occupe la place centrale. Elle est représentée, la tête inclinée, tenant dans sa main droite l’aspic mortifère, et la main gauche ouverte vers Antoine (suggérant peut-être que le lien amoureux n’est pas rompu). Ses habits, comme il sied à son rang, sont de pourpre et d’or (couleurs qui évoquent  la chaleur et la plénitude de l’ancienne vie), rehaussés de fines broderies. Ils mettent en valeur la beauté du buste, l’éclat de porcelaine de la chair. Les yeux sont mi-clos ; Cléopâtre semble glisser dans la mort avec sérénité. Auprès d’elle deux suivantes: peut-être Irias et Charmion évoquées dans le récit de Plutarque ? Elles soutiennent leur maîtresse dans ses derniers instants. Une autre, à l’arrière, porte une urne, tandis qu’à l’avant, sur la droite une femme fait un geste d’adieu à Cléopâtre et une autre essuie ses larmes. C’est une femme et une reine entourée par la sollicitude des siens  qui meurt et non une divinité insensible.

Conclusion

Alessandro Turchi a rassemblé les deux amants dans leurs derniers instants en centrant pourtant son œuvre sur Cléopâtre. Unis dans la vie, ils sont côte à côte dans la mort. L’histoire ne peut séparer leurs destins : même gloire dans leur vie, même courage dans la mort. L’éclat du triomphe d’Octave aurait été augmenté par la présence des deux captifs ; ravalant ses prétentions, il devra, selon Plutarque, se contenter de faire figurer à son triomphe la statue de Cléopâtre, l’aspic attaché au bras ! L’Histoire retiendra cependant  le respect d’Octave pour la fin digne des deux amants qu’il fera ensevelir l’un auprès de l’autre avec une magnificence royale. Turchi traduit très bien l’aspect sublime et tragique de ce double suicide.

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No women no drive

Publié: avril 19, 2014 dans 2 femmes

Problématique

 

Comment les deux comédiens saoudiens dénoncent-ils le statut de la femme en Arabie Saoudite?

 Date de création

 

Clip vidéo mis en ligne sur Youtube le 26 octobre 2013.

 

 Auteurs et contexte

 

Hisham Fageeh et Fahad Albutairi sont tous deux comédiens saoudiens. Ils vivent à Ryad et militent  en faveur de l’égalité des droits sociaux en Arabie Saoudite.

Ils ont posté ce clip vidéo s’intitulant « No Woman No Drive » sur Youtube le 26 octobre 2013, lors de la manifestation organisée par quelques femmes saoudiennes afin de protester contre la loi leur interdisant de conduire.

 Description

 

Hisham Fageeh et Fahad Albutairi, tous deux portant les vêtements traditionnels saoudiens, chantent leur version de la chanson de Bob Marley « No Woman No cry ». Celle-ci est sous-titrée en arabe et en anglais. Les deux acteurs évoluent dans un décor très dénudé, un simple fond noir entrecoupé de rares images illustrant les paroles de leur composition. La première et la dernière image sont identiques. Elles montrent l’interprète principal assis sur une chaise. Tout à la fin du clip, des traits lumineux à l’arrière-plan, laissent deviner la présence d’une porte fermée. Cette vidéo a été vue par plus d’un million d’internautes en moins de 24 heures.

 

 Contexte historique et interprétation

 

Les deux comédiens saoudiens expriment dans ce clip vidéo leur soutien à leurs concitoyennes qui se sont opposées à la loi leur interdisant de conduire en prenant le volant le 26 octobre 2013.Cette manifestation s’est déroulée dans un climat extrêmement tendu :

–       Les manifestantes ont été menacées de représailles par les autorités locales.

–       Ce sujet sensible divise fortement l’opinion publique.Les opposants à cette campagne contestataire,  y compris des femmes,  ont été localement nombreux.

En effet, l’Arabie Saoudite est une société très fermée. C’est le dernier pays au monde interdisant aux femmes de conduire.

Via cette parodie satirique de la chanson de Bob Marley « No Woman No cry », les deux dénoncent avec humour le statut de la femme dans leur société contemporaine.

  

Rapport à la problématique

 

Dénonciation du statut de la femme en Arabie Saoudite:

  1. A travers les seules images visibles dans le clip vidéo. La femme est réduite:
  • A un appareil reproducteur.
  • A la fonction de cuisinière.
  1. A travers les postures d’ouverture et de fermeture de l’interprète principal. Elles sont identiques, illustrant ainsi l’immobilisme de l’évolution de la condition féminine dans la société saoudienne.
  2. A travers le symbole de la porte fermée à la fin du clip, illustrant:

–        Soit le fait que le chemin menant à  la libération de la femme saoudienne est semé d’embûches,

–       Soit  qu’elles sont enfermées dans un carcan de traditions entravant leur liberté, y compris leur liberté de mouvement (cf. la loi à l’origine de la campagne de contestation).

  1. A travers l’ironie du sourire permanent affiché par  l’interprète principal alors qu’il chante les terribles paroles suivantes: « Je me souviens de l’époque où tu étais assise dans la voiture familiale à l’arrière (….). Des ovaires sains et bien portants de façon à ce que tu puisses faire des tas et des tas de bébés (….). A l’avenir, tu ne peux pas oublier ton passé donc laisse de côté tes clefs de voiture (….). Hey petite sœur, ne touche pas à cette roue (…..). Mais tu peux préparer mon dîner que je partagerai avec toi. Tes pieds sont ton unique moyen de transport mais uniquement à l’intérieur de la maison. Je pense ce que je dis. Tout va bien se passer.»
  2. A travers le choix de la chanson « No Woman No Cry » de Bob Marley et de son interprète.
  • Bob Marley militait lui aussi pour le développement des droits sociaux pour la population noire jamaïcaine.
  • Ses chansons s’adressaient à la jeunesse et aux « rude boys » des ghettos, et tentaient de leur redonner espoir.
  • « No Woman No Cry » est son premier succès international. Il y console une femme affectée par la violence des ghettos en Jamaïque.
  • De nos jours, Bob Marley reste un symbole d’émancipation et de liberté. Il est aussi devenu l’un des symboles universels de la contestation.
  • Miroir de l’esprit rebelle des peuples opprimés, héros, exemple et modèle à la fois, Bob Marley est considéré par plusieurs générations déjà comme le porte-parole défunt mais privilégié des défavorisés.
  1. A travers les médias de communication:
  • L’anglais, langue internationale.
  • Youtube.
  • La parodie satirique.
 Vocabulaire spécifique

 

Rendition:  interprétation.

Youtube:c’est un site web d’hébergement de vidéos sur lequel les utilisateurs peuvent envoyer, visualiser et partager des séquences vidéo. Il a été créé en février 2005 par Steve Chen, Chad Hurley et Jawed Karim, trois anciens employés de PayPal.

Parodie: imitation satirique d’un ouvrage sérieux dont on transpose comiquement le sujet ou les procédés d’expression.

Satire: propos, œuvre par lequel on critique vivement quelqu’un ou quelque chose.

Arabie Saoudite: L’Arabie saoudite ou séoudite, officiellement le Royaume d’Arabie saoudite, est le deuxième par sa superficie des pays du monde arabe, après l’Algérie, et le plus grand des pays de la péninsule Arabique avec une superficie de plus de deux millions de km².

Le pays est limitrophe de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, d’Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis, puis du Yémen, et est bordé par la mer Rouge et le golfe Persique.

L’Arabie saoudite abrite les deux plus importants lieux saints de l’islam : Masjid al-HaramLa Mecque) et Masjid al-NabawiMédine). La devise nationale du pays est : « Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète ».

Révolution de Jasmin: La Révolution tunisienne de 2010-2011, parfois appelée « Révolution de jasmin, est une révolution considérée comme essentiellement non-violente[6], qui par une suite de manifestations et de sit-in durant quatre semaines en décembre 2010 et janvier 2011, a abouti au départ du président de la République de Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 1987.

Ten Marylin, Warhol

Publié: avril 13, 2014 dans 2 femmes

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Télécharger ici, le fichier pdf illustré: Ten Marilyns, A. Warhol

 

Ten Marilyn

 

Andy WARHOL

 

 
Problématique et analyse

L’image de la femme représentée dans cette œuvre est-elle une critique ou une illustration de la société américaine des années 60?

 

Date de création

Série     de 10 portraits créée entre 1963 et 1967 mesurant chacun 91.5×91.5cm.

Il était à la fois amoureux de Marilyn et fasciné par la mort.

Il a commencé une série de portraits de Marilyn Monroe peu de temps après son décès (5 août 1962). Andy Warhol a pris une des photos les plus connues de la star, un portrait au visage radieux réalisé en 1953 pour la promotion du film Niagara. La photo d’origine est en noir et blanc, il la colorie artificiellement pour le reproduire par sérigraphie.

La sérigraphie est un procédé qui consiste à reporter mécaniquement une image sur une toile en la réduisant à ses traits essentiels. L’image est sans détails. La technique permet la reproduction sans fin, toujours la même chose, le principe est ici mécanique.

 Contexte historique  

Aux USA, c’est l’époque de la grande prospérité durant les années 1960
– Développement de la société de consommation : recherche du bien-être matériel et apparition d’immenses supermarchés
– Développement d’une vraie culture populaire de masse à travers les comics, la télévision, la musique
– La consommation, le confort, les loisirs deviennent des valeurs essentielles. C’est ce que l’on appellera l’American way of life que ne cesse de vanter la publicité.

 Contexte artistique  

Le     Pop Art (abréviation de Popular Art) a été créé au milieu des années 1950 en Grande Bretagne.     Il est caractérisé par la société de consommation c’est-à-dire la publicité, la télévision, les magazines ou encore les bandes dessinées.

 

 

Andy WARHOL

De son vrai nom Andrew Warhola.

Est né le 6 août 1928 à Pittsburg aux Etats-Unis.

Est mort à New York le 22 février 1987.

 

A commencé sa carrière comme illustrateur dans la publicité avant de se faire connaitre comme peintre, photographe et réalisateur de films.

 

A été un des pionniers à faire du Pop Art aux Etats-Unis.

 

Thèmes récurrents : la mort, le culte de la célébrité, l’image et son pouvoir au sein de la société de consommation.

 

 

Interprétation de l’œuvre

Ici, il accentue dans Marylin ce qui en fait l’image de la pin-up : les lèvres, le « maquillage » un peu vulgaire des yeux, la blondeur. Les pin-ups, à l’origine, étaient des images érotiques distribuées aux soldats pour remonter le moral des troupes.   Les couleurs utilisées sont vives, jusqu’à saturation.

La couleur du maquillage des paupières est la même que celle du fond de la toile.

Les couleurs sont irréelles par rapport à celle de la carnation humaine : elles sont utilisées pour attirer l’attention, voire choquer l’œil afin qu’il retienne l’image. Parfois les couleurs sont foncées sur certains portraits qui font disparaitre l’image.

Sur certains portraits, le visage de l’actrice ressort bien : ils     se rapprochent le plus de la réalité en termes de couleurs (cheveux, peau)

Sur d’autres, son visage est comme écrasé sous les couleurs, voire sombre.

Par l’assemblage de ces portraits, il révèle la mort de l’image en parallèle avec la mort de la célébrité, la montrant sous des jours fastes, puis obscurs.

En répétant, il rappelle l’omniprésence de M. Monroe dans les médias.

 

Rapport à la problématique

Il voulait reproduire Marilyn Monroe en grande quantité, comme dans une chaine industrielle. Marilyn, célèbre actrice, symbole de beauté, sexy, féminin était un ‘produit’ des années 50-60 : adulée de tous, fantasme des hommes, le moindre film déplaçant des foules. La femme est un objet de désir et une icône.  Marilyn était une femme mais c’était surtout un produit désiré par tous. L’alignement des visages dans certaines œuvres de Warhol fait immédiatement penser à l’étalage des objets dans les supermarchés.

Dans cette série de portraits, il a voulu ‘rabaisser l’art’ et prouver que l’on pouvait en faire un produit de consommation courante et jetable. Elle illustre cette rupture dans l’histoire de l’art : on passe d’un artisanat à une véritable industrie artistique.

Vocabulaire spécifique

Pop Art

Sérigraphie

 

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

A fait d’autres portraits d’autres célébrités : Jackie Kennedy, Elvis Presley, Liz Taylor

D’autres peintures célèbres : La boite à soupe de la marque Campbell, Coca-cola.

Autre

Autres artistes du pop art :

–       Roy Lichtenstein

–       Jasper Johns

 

 
 

 

Aya de Yopougon

Publié: avril 6, 2014 dans 2 femmes
Histoire des Arts

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Identification de l’œuvreTitre :

Aya de Yopougon, volume 1

 

 

Artiste

Marguerite Abouet : née en 1971 à Abidjan. Après divers métiers, elle publie en 2005 le premier volume d’Aya de Yopougon qui remporte le 1er prix au festival d’Angoulême. Elle a également publié une autre bande-dessinée Akissi, inspiré de souvenirs d’enfance. Fondatrice d’une association qui construit des bibliothèques en Afrique.

 

Clément Oubrerie : né en 1966. C’est un illustrateur d’ouvrages pour la jeunesse. Dessinateur des 6 volumes d’Aya. Il a adapté la série au cinéma en 2013.

 

Date de réalisation : 2005

 

Domaine(s) artistique(s ): 

-Bande-dessinée

-Art du visuel

 

 

 

 

 

 

Problématique :

 

Comment une jeune femme illustre les réalités du monde contemporain ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Description de l’œuvre 

Trois extraits de bande-dessinée, en couleurs.

 

Contexte : L’histoire se passe en Côte d’Ivoire, en Afrique à la fin des années 70. La bande-dessinée met en scène une jeune fille Aya, 19 ans, qui vit à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan. Contrairement à ses amies, qui passent leurs soirées à s’amuser, Aya veut tout faire pour éviter la « destinée » des jeunes femmes africaines : Coiffure, Couture, Chasse au mari…entre autres.

La sage Aya reste chez elle pour étudier et devenir…médecin !

 

 

Ce que je vois : Premier extrait : 6 vignettes sur une planche. Plans rapprochés. Vue de face : maison familiale, milieu social modeste, très peu de choses autour. Mobilier restreint, qui n’est pas mis en valeur : table, chaise, canapé, télévision. Peu de lumière, couleurs sombres, bleu nuit.

L’attention se concentre sur les paroles des personnages. Discussion entre le père Ignace et sa fille Aya concernant ses études, son avenir. Aya veut devenir médecin, son père n’est pas d’accord. Pour lui les filles ne sont pas faites pour les études longues.

 

Second extrait : Changement de lieu : Chez le patron d’Ignace. Une vignette à gauche occupe tout l’espace de la planche, puis 5 vignettes sur l’autre planche. 1ere vignette plan d’ensemble, vue : plongée. Maison domine, écrasante. Couleurs vives et lumineuses : rose et jaune. Couleurs chaudes. Le jaune rappelle l’or, la richesse que l’on retrouve dans les autres vignettes : les beaux vêtements, espace très grand, de beaux meubles, beaucoup de lumière. Le patron est très riche.

 

Troisième extrait : Conversation entre Ignace et son patron au sujet de l’avenir de leurs enfants. Leurs opinons divergent. Nous apprenons que le patron ne partage pas du tout l’avis d’Ignace à propos des filles et des études. Le patron pense qu’Ignace devrait être fier d’avoir une fille ambitieuse et travailleuse.

 

 

Analyse de l’œuvre 

A travers un support attractif, attrayant, original et sur un ton humoristique, la créatrice de la bande dessinée nous montre un sujet/un thème quotidien du monde contemporain. Ici en Afrique, il s’agit des préjugés concernant les études et le mariage des jeunes filles.

Aya est une jeune fille qui veut devenir médecin mais son père a déjà prévu un tout autre destin pour elle.

Il prévoit un mariage « arrangé » avec le fils de son patron. Il voit d’un très mauvais œil le fait que sa fille fasse des études après le bac, il dit : « les études longues sont faites pour les hommes ». Aya montre qu’elle a de l’ambition en choisissant un métier comme médecin (de longues études, un métier plutôt masculin à l’époque). Elle cherche à s’émanciper pour ne pas finir comme les autres femmes autour d’elle.

 

Le second extrait montre la suite de l’histoire. Nous voyons que finalement le patron d’Ignace ne partage pas la même opinion sur les études. Pour lui c’est une fierté d’avoir une fille qui a de l’ambition : « bravo Ignace, c’est une fille ambitieuse, c’est rare de nos jours les filles ne pensent qu’à s’amuser ».

L’auteur veut nous montrer que les mentalités peuvent et sont en train de changer. Sur un ton léger et drôle, l’auteur traite un sujet sérieux et montre l’optimisme d’une jeune fille ainsi que l’évolution des mentalités.

 

 

 

 

 Version illustrée cliquez ici, fichier pdf ci dessous

« LES GROSSES NANAS » DE

NIKI DE ST PHALLE.

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PROBLEMATIQUE :Comment et pourquoi Niki De St Phalle donne à voir un art signé au féminin dans divers espaces, notamment dans l’espace de la ville ?

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Histoire des arts :

Domaine de compétences : Art espace 3ème.

Parcours culturel : Les Femmes.

Artiste : Niki de St Phalle.

Œuvres sur le thème des nanas

Information  concernant les œuvres:

Nature des œuvres : Sculpture.Matériaux : Les premières «  Nanas »ancêtre de «  l’Ange protecteur » sont faites de chiffons, mais aussi de laine, de tissus ou de toile de coton. L’artiste utilise également le plâtre et le papier mâché sur des supports métalliques. Mais devant le succès de ses œuvres, elle privilégiera la résine polyester, plus facile à utilisé pour de grandes dimensions. 

Lieux: International, Hanovre, Paris, New York, Tokyo…

Information sur l’artiste. Plasticienne, peintre, sculptrice et réalisatrice de filmsPrénom / Nom :Niki de St  Phalle.

Nationalité : Française.

Née à Neuilly sur seine en 1930.

Morte à San Diego en 2002. Souffrante, à cause de l’inhalation excessive des poussières de polyester.

Mouvement : Nouveaux Réalistes

Contexte de l’œuvre :1961Pour se libérer de ses démons et de l’emprise de son père , Niki de st Phalle va réaliser des tableaux s’intitulant les tirs .Tirs à la carabine dans des poches de peintures.

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Niki de Saint Phalle entame une réflexion sur les différents rôles de la femme qui donnera lieu à la réalisation de femmes accouchant, de mères dévorantes, de sorcières …Niki de Saint Phalle travaille sur de grandes têtes faites de papier mâché et de laine, ses mariées.
En septembre, première exposition personnelle à Londres à la Hanover Gallery.
En octobre, elle visite New York où elle réside et travaille à l’hôtel Chelsea, réalisant une série de collages représentant des Nanas, cœurs et dragons.1965C’est en 1965 que Niki de Saint-Phalle crée la première de ses fameuses « nanas ». Inspirée par une de ses amie enceinte ,.en papier mâché et laine.

1967.En août, la première exposition muséale de Niki de Saint Phalle , Les Nanas au pouvoir, a lieu au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Pour cette exposition, elle réalise la première Nana-Maison, la première Nana-Fontaine, ainsi que le plan d’une Nana-Ville. En août, la première exposition muséale de Niki de Saint Phalle, Les Nanas au pouvoir, a lieu au Stedelijk Museum d’Amsterdam.

Ces nouvelles pièces sont réalisées en polyester, avec lequel elle ne travaille que depuis peu.

1969Le Whitney Museum of American Art de New York acquiert la Black Venus et la montre en avril dans l’exposition Contemporary American Sculpture

1970 Une série de 17 sérigraphies est éditée à Paris sous le titre Nana Power.

Elle produit de plus en plus de ces poupées géantes.

Ses sculptures sont visibles aux yeux de tous, notamment devant le Centre Pompidou, à Paris.

En effet, en 1971,elle épouse Jean Tinguely ,ils travaillent ensemble a de grands projets « Fontaine Stravinsky »au cœur de Paris. La fontaine se compose de sculptures de Niki de St Phalle et de Jean Tinguely et présentent un contraste féminin( rondeurs couleurs),masculin(machine sombre, fer,acier.)

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Description et analyse

Les sculptures sont  polychromes, avec des jeux de graphismes jouant sur les contrastes.L’influence de Gaudi est présente dans la vivacité des couleurs et les éclats de miroirs qu’elle utilisera dans certaines sculptures.

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Les sculptures ont des formes féminines exagérées, telles les venus préhistoriques, Willendorf,  Lespugues.

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Niki de St Phalle envahit les espaces de ses sculptures pour redonner une place à la femme dans la société et dans l’art aussi. Comme elle le disait « Il y en a assez que ce soit toujours les hommes… ».Elle sera prolifique jusqu’à sa mort, en 2002 et envahira les places publiques, les parcs  les parvis etc…du monde entier de présences féminines avec ses « grosses nanas  »pleines de joies de vivre dotées d’ une puissance colorée extraordinaire qui attire le regard du moindre badaud.

Son œuvre est spontanée, originale et colorée, mais est également marquée par sa vision plutôt sombre du poids que la société fait porter aux femmes.

Ressources/   Site officiel Niki de ST Phalle  Photos :design-party.com

Wikipédia.

Alice, Cristina Lucas

Publié: février 20, 2014 dans 1 arts et pouvoir, 2 femmes, Alice

Cristina Lucas :

“Cristina Lucas est une artiste espagnole spécialisée dans le land art. (Le land art est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, rocher, etc.). Le plus souvent, les œuvres sont à l’extérieur, exposées aux éléments, et soumises à l’érosion naturelle ; ainsi, certaines œuvres ont disparu et il ne reste que leur souvenir photographique et des vidéos.)

Alice 

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Son dernier projet , Centre d’art contemporain de Séville (Espagne), le 10 avril 2013, s’inspire d’une scène d’Alice aux pays des merveilles où celle-ci, devenue trop grande, se retrouve prise au piège d’une pièce beaucoup trop étroite.

En transposant le conte dans la réalité, l’artiste met en lumière l’emprisonnement physique et moral de la femme dans sa propre maison à l’époque de l’Andalousie mauresque.” Mais cet enfermement est encore d’actualité. L’artiste dénonce ici la condition féminine en montrant une femme devenue prisonnière de sa maison. L’habitation devient le corps de la femme aux dimensions gigantesques. Ce changement de proportions s’appelle un changement d’échelle comme c’est le cas dans Marylin de Joana Vasconcelos avec sa chaussure géante faite de marmites accumulées.

Les teintes jaunes de la façade et du visage se prolongent. L’expression du visage de la jeune femme est sans émotion, comme apathique. La main pendant le long du mur montre un certain abattement, une sorte de lassitude. L’artiste montrerait-elle que l’enfermement des femmes est une sorte de fatalité ?

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On peut rapprocher le mouvement de la main à celui de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, La Création, sauf que dans l’oeuvre de Lucas, le contact ne s’opère pas, la création est stérile avec une seule main.

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Cristina Lucas (1973, Jaen, Espagne) s’intéresse aux mécanismes du pouvoir. Ses œuvres sont construites à partir de l’analyse attentive des principales structures politiques comme l’État ou la religion, que l’artiste dissèque afin de faire apparaître les contradictions qui existent entre les histoires officielles, l’histoire réelle, et la mémoire collective.

Le centre d’art contemporain de Seville :

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« Au XIIe siècle, afin de tirer profit de la boue argileuse du Guadalquivir, de nombreux fours à céramique furent construits à cet emplacement par les Almohades.

Une légende raconte que, vers 1248, la Vierge apparut dans les anciens fours. Un ermitage franciscain fut alors construit à l’emplacement de cette apparition, prenant le nom de Santa Maria de la Cuevas (Sainte Marie des Grottes en castillan). Par la suite, vers 1400, les Franciscains furent déplacés à El Aljarafe et le monastère devint chartreux, fondé par Don Gonzalo d’Ore, Archevêque de Séville.

Il connut des visiteurs prestigieux, comme Christophe Colomb, ami du Frère Gaspar Gomicio, dont il reçut l’appui pour son deuxième voyage, qu’il prépara au monastère. Treize ans après sa mort, en 1519, il fut provisoirement enterré dans la Chapelle Sainte Anne du monastère, avant que sa dépouille soit transférée en 1541 dans la cathédrale de Saint-Domingue.

Le monastère servit aussi de retraite à Philippe II. »wikipedia

Pourquoi le conte de Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles a-t-il intéressé l’artiste ?

Ce conte relate les aventures d’une jeune fille basculant derrière un miroir et rencontrant un monde fantastique tantôt merveilleux, tantôt effrayant entre rêve et cauchemar. C’est bien ce que propose cette œuvre à la fois séduisante et cauchemardesque. Alice prend la posture des prisonniers dans leur cellule, attendant leur libération.

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Les représentations d’Alice :

La toute première Alice, c’est elle, photographiée ici par Lewis Carroll

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Par Annie Leibovitz, photographe célèbre pour ses mises en scènes spectaculaires.

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Celixie,, photomontage

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Problématique et analyse

Comment l’auto portrait met-il en évidence la volonté de l’artiste de s’imposer en tant que femme dans son couple et dans la société ?

 

Date de l’œuvre : 1943.

Fait partie de la période surréaliste de l’artiste .

Frida Kahlo : Artiste mexicaine née le 6 juillet 1907.

Elle a beaucoup souffert dans son enfance et sa jeunesse à cause d’une maladie (la polyomélite ) puis d’un grave accident de bus qui la laisser paralyser pendant de nombreux mois. Suite a ce drame, elle commencera à peindre dans son lit en s’aidant d’un miroir placé sur le plafond de son lit à baldaquin.

Plus tard, elle fera partie du parti révolutionnaire mexicain et défendra l’émancipation des femmes dans la société mexicaine très machiste.

C’est à cette période qu’elle rencontre Diego Rivera, lui aussi artiste peintre, qui deviendra son mari en 1929. Ils connaitront une vie de couple très tumultueuse, divorceront en 1938 avant de se remarier en 1940. En 1943, année où elle a peint cette œuvre, elle se fera opérer de la colonne vertébrale et restera de longs mois en « enfermée » dans une corset de fer.

Après une vie de souffrance physique et psychologiques (trahisons de son mari), elle décèdera en 1954

Interprétation de l’œuvre

*Mise en avant de son féminisme par le port de sa tenue traditionnelle de Tehuna, région du sud ouest du Mexique qui a conservé les traditions matriarcales et dont les structures économiques relèvent du domaine de la femme.

*en portant cette tenue, elle veut aussi rompre avec les autoportraits européens pour mettre en avant sa culture : le mexicanisme.

*fierté pour sa culture pré-colombienne que les mexicains eux-mêmes  ont rejeté pour imiter le modèle européen.

*elle veut incarner par la même le nouveau modèle de femme qui va à l’encontre de l’image traditionnelle de la femme inférieure à l’homme dans la société très machiste mexicaine : traits androgynes (traits masculins ambigus, sourcils très épais, moustache apparente), femme qui subvient à ses besoins , forte.

=> si l’on compare ses dimensions avec celle de Diego dans cette œuvre , on voit bien que celle qui domine c’est elle. Elle prend tout le cadre du tableau .

* Portrait de Diego Rivera au milieu de son front (il est dans toutes ses pensées) mais il est emprisonné dans une toile d’araignée. Elle l’a pris au piège de sa toile (dans les deux sens du terme).

*Le fait qu’on ne voit que le haut de son corps serait un rappel à sa souffrance face à ce corps meurtri, son incapacité à bouger à cause de son accident puis de ses maladies qui en découlaient.

*On ne voit que son visage et ses yeux profonds qui tentent de nous hypnotiser.

*Il est important de noter la forme triangulaire que crée son corps dans le tableau et au sommet de ce triangle se trouve Diego, elle s’impose par sa taille dans le tableau mais celui qui est au sommet de ses pensées se trouve être son mari.

 

Rapport à la problématique

*Domination de la femme dans la société :

– par sa tenue : société matriarcales de Tehuana

-par cette volonté de trancher de l’image traditionnelle de la femme douce et belle avec ses traits fortement masculinisés.

-par  sa revendication de sa culture précolombienne.

 

Domination dans son couple :

-elle occupe tout le tableau par sa tenue alors que Diego n’est représenté qu’en tout petit au milieu de son front.

-la toile d’araignée dans laquelle elle a emprisonné son mari.

 

Vocabulaire spécifique

Mexicanisme :mouvement artistique et culturel dont l’objectif est de mettre en avant et de remettre à l’honneur les racines  précolomobiennes  dont son issus les mexicains.

 

Surréalisme : selon son créateur André Breton, le surréalisme a pour but de résoudre les contradictions entre le rêve et la réalité. Pour cela, plusieurs moyens sont possibles comme peindre des scènes illogiques ou en développant des techniques de peinture permettant à l’inconscient de se manifester.