Archives de février, 2013

       Histoire des Arts : les femmes dans les arts (niveau 3ème)

 

Frida Kahlo, Mes grands-parents, mes parents et moi, Arbre généalogique

(peinture à l’huile et à la tempera* sur métal (30,7 x 34,5 cm), 1936. Museum of Modern Art, New-York)

* A tempera : se dit d’une couleur délayée dans de l’eau additionnée d’un agglutinant (gomme, colle, œuf) – ce procédé.

objectif : voir comment, en peinture, un autoportrait peut être « romancé » à la façon récit d’enfance.

Sans titre

Toute sa vie, Frida Khalo ne cessa de faire son autoportrait, chacun de ces autoportraits constituant une trace des étapes de sa vie. « Je peins des autoportraits parce que  je me sens si souvent seule et parce que je suis la personne que je connais le mieux. » disait-elle. Elle construisit ainsi, de tableau en tableau, une  œuvre  qui s’apparente à la démarche autobiographique.

Voir le site http://www.museofridakalho.org.mx/casaazulfrances.html

Un autoportrait original

A. a. Le tableau étudié (dans le cadre d’une Séquence intitulée « Récits d’enfance et d’adolescence : le cercle de famille ») est un tableau « autobiographique » original, car Frida Kalho, à la différence de beaucoup d’autres autoportraits qu’elle a peints, ne s’est pas représentée seule ; comme le titre l’indique : Mes grands-parents, mes parents et moi, l’artiste s’est représentée enfant sur le tableau, ainsi que ses parents et ses grands-parents – à la façon d’un arbre généalogique. Un ruban rouge les relie tous, formant un nœud que Frida-fillette tient dans sa main droite et qui symbolise son attachement à sa famille.

b. Frida Kahlo s’est placée au premier plan et au centre de la toile (la petite fille), puis au second plan elle a placé ses parents et enfin ses grands-parents à l’arrière-plan. Elle a pris soin de séparer et de différencier ses grands-parents paternels (allemands) et ses grands-parents maternels (mexicains). Elle est, sur le tableau, nettement plus proche de son père, car les relations de Frida avec sa mère ont toujours été distantes et froides.

B. La branche mexicaine est placée du côté d’un paysage mexicain (cactus, désert) ; la branche allemande est du côté de l’océan qui évoque, au loin, le continent européen. La famille symbolise l’union du nouveau monde et de l’ancien.

Un récit d’enfance en image

 

C. a. Les différents épisodes de la vie de famille représentés sont : d’abord le mariage des parents de Frida Kahlo, puis la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule (en terre mexicaine)  et la grossesse de la mère de Frida, enfin la vie heureuse dans la maison de famille.

b. Ces événements, représentés spatialement « à plat » sur un même tableau, correspondent chronologi-quement à des étapes successives de la vie de l’artiste et de sa famille.

D. On voit Frida Kahlo à  3 moments de sa vie : tout d’abord Frida au moment où le spermatozoïde a fécondé l’ovule (en bas à gauche), puis à l’état de fœtus  dans le ventre de sa mère, et enfin Frida enfant, nue. Un arbre, couvert de fruits – un oranger ? –, cache en partie sa jambe gauche. Pourquoi la gauche ? Peut-être est-ce un « portrait en miroir » et dans ce cas, le réel est inversé et la jambe droite devient la jambe gauche ; l’oranger cache donc les ravages de la poliomyélite qui a frappé Frida alors âgée de 6 ans, puisque c’est sa jambe droite qui fut réellement  atteinte. [On sait que Frida Kahlo a peint ses autoportraits alors qu’elle était immobilisée dans son lit, corsetée à la suite d’un grave accident, avec au-dessus du lit le grand miroir qu’elle avait fait installer.]

E. La maison natale occupe la place centrale, au 1er plan. La maison n’est pas jolie, mais sa couleur bleue, ses murs protecteurs, la gaieté de sa végétation (fleurs et fruits) rappellent les moments heureux vécus en ce lieu. Cette  maison est, à l’évidence, le symbole d’une enfance heureuse. C’est dans cette maison, la « Maison Bleue », que Frida Kahlo achèvera prématurément sa vie, en 1954, à l’âge de 47 ans.

Socle commun : 1.1.4 : Dégager l’essentiel

 

Avec cet autoportrait, Frida Kahlo s’inscrit dans  l’histoire de sa famille et en même temps elle se raconte : elle éclaire son passé, les années de son enfance, qui, à leur tour, éclairent son présent. Tout comme la vie de l’auteur d’une autobiographie littéraire est au centre de son livre, la vie de Frida Kahlo est au centre de sa peinture.

L’ESTACA

Cette chanson a été écrite par Lluís Llach en 1968. Il faut savoir que cette chanson se veut une chanson de résistance contre les persécutionsmondialistes. En effet, le catalan est une des langues dérivées du latin, ou romanique. Il est né au VIII ème siècle. Le catalan est une langue qui a été pourchassée de nombreuses fois par le nationalisme espagnol. La première persécution a débuté par Felip V et a continué avec tous les Bourbons espagnols, jusqu’à Alfons XII. Il est à nouveau pourchassé par les généraux Primo de Rivera et Francisco Franco. Aujourd’hui, le catalan est la langue officielle de la Principauté de Catalogne.
À cause de ces persécutions, la musique catalane contemporaine a été très revendicative ; sous le franquisme, la « Nova Cançó » (Nouvelle Chanson) a utilisé l’exemple de la chanson d’auteur français (tels que Jacques Brel, Boris Vian, etc) pour revendiquer la culture catalane, sa langue et son identité nationale. Les auteurs les plus connus de cette chanson sont Raimon, Joan Manuel Serrat, Maria del Mar Bonet et Lluís Llach (auteur de la chanson « La Estaca » (« L’Estaque »)).
L’estaca, chanson du poète catalan Lluís Llach, fut à l’antifranquisme ce que « le temps des cerises » est à la commune de Paris. L’estaca, au refrain si facile à fredonner est le chant qui accompagne l’équipe de rugby de l’Usap, depuis la campagne de 1998 qui l’amena jusqu’au Stade de France. En catalan, le pieu se dit « l’estaca ». En provençal, l’estaco signifie l’attache. Or l’Estaque à Marseille est un port d’attache ! D’où son nom.
Composée durant la dictature du général Franco en Espagne, c’est un cri à l’unité d’action pour se libérer de l’oppression, pour atteindre la liberté. D’abord symbole de la lutte contre l’oppression franquiste en Catalogne, elle est devenue un symbole de la lutte pour la liberté.
Extrêmement populaire en Catalogne aujourd’hui, au point d’être considérée comme partie du folklore populaire, elle a aussi connu un destin international. Elle a eu plusieurs interprétations différentes et a été traduite en plus de cinquante langues

Le Sens
Les paroles évoquent, en prenant la métaphore d’une corde attachée à un pieu (estacaen catalan), le combat des hommes pour la liberté.
La scène se passe à l’aube, tandis que le narrateur de la chanson se remémore les paroles d’une conversation entre grand-père Siset (avi Siset) et lui. Il demande au grand-père Siset : « Ne voyez-vous pas le pieu auquel nous sommes tous liés ? Si nous ne pouvons pas nous en défaire, nous ne pourrons jamais avancer » (No veus l’estaca a on estem tots lligats? Si no podem desfer-la mai no podrem caminar). D’après Siset, seule une action commune peut apporter la liberté : « Si nous tirons tous, il va tomber, si je tire fort vers ici, et que tu tires fort par là, il est certain qu’il tombe, tombe, tombe, et nous pourrons nous libérer » (Si estirem tots, ella caurà, si jo estiro fort per aquí i tu l’estires fort per allà, segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar).
L’interlocuteur de grand-père Siset insiste sur la difficulté du combat pour la liberté, qui ne demande pas de répit et des efforts : « Mais, Siset, ça fait longtemps déjà, mes mains à vif sont écorchées, et alors que mes forces me quittent, il est plus large et plus haut » (Però, Siset, fa molt temps ja, les mans se’m van escorxant, i quan la força se me’n va ella és més ampla i més gran).
L’idée d’une nécessaire prise de conscience collective pour obtenir la liberté clôt la chanson. Dans la dernière strophe, une fois grand-père Siset mort, son interlocuteur devient responsable de la diffusion des idées de liberté et de lutte auprès des nouvelles générations : « Et quand passent d’autres valets, je lève la tête pour chanter le dernier chant de Siset, le dernier qu’il m’ait appris » (I mentre passen els nous vailets, estiro el coll per cantar el darrer cant d’en Siset, el darrer que em va ensenyar).
Avi Siset
Le grand-père Siset, personnage principal de la chanson, est inspiré d’un personnage réel, Narcís Llansa i Tubau, surnommé avi Llansa(« papi Llansa »), vell Llansa (« le vieux Llansa ») ou Siset Llansa. Originaire de Tortellà, dans le nord de la province de Gérone, il étaitbarbier à Besalú.
Ne cachant pas ses opinions, il était connu pour être , républicain et anticlérical, et faire de sa boutique un lieu de débat politique. Lorsque la république fut proclamée en 1931, il fut élu conseiller municipal sous l’étiquette d’ERC, la gauche républicaine catalane. Suite à la guerre civile, il fut soumis à diverses humiliations : forcé à nettoyer les églises et à assister aux messes. Il n’échappa finalement à ses obligations qu’en prétextant que le dimanche était le jour où il était le plus chargé de travail comme barbier4.
À partir du début des années 1960, il passa ses étés dans la maison de sa deuxième fille, à Verges. C’est là que le jeune Lluís Llach, fils du médecin et maire — franquiste — du village, et ami de son petit-fils Ponç Feliu, l’aurait connu, en jouant au jeu de la botifarra, une variante catalane de la manille. Le vieil homme et l’adolescent passent du temps ensemble, en particulier à pêcher. C’est lors de ces parties de pêche près du Ter que le grand-père Siset ouvre les yeux de Lluís Llach sur les fondements et la réalité du régime franquiste.
En 1968, Lluís Llach écrivit les paroles de la chanson, s’inspirant des conversations qu’il avait eues avec Siset1. Il dit par ailleurs de lui : « Siset me parlait toujours le regard droit les yeux lumineux d’un homme bon »
L’Estaca et Lluis Llach

« L’estaca » devient rapidement l’hymne de toutes les revendications catalanes. En 1969, Lluis Llach grave son premier vrai album, « Les seves primeres cançons », qui se vend à plus de 100 000 exemplaires. L’année suivante il se produit à Madrid pour une série de concerts prestigieux au Théâtre Espagnol. Et là, les ennuis commencent. Sa popularité naissante attire sur lui les foudres du pouvoir. « Tous les textes interprétés en public devaient être préalablement soumis à la censure, raconte Louis Monich de Radio-France Roussillon, qui assistait au spectacle. Cette fois-là,  »L’estaca » a été interdite et Lluis Llach, au garde-à-vous devant le micro, l’a expliqué au public pendant que son pianiste jouait le refrain. Trois mille personnes ont alors entonné  »L’estaca » alors que Llach restait muet pour se conformer à l’interdiction. Taxé de « subversif », Lluis Llach est obligé de s’exiler et il s’installe à Paris. Depuis la capitale française, le chanteur catalan commence une carrière internationale (France, Suisse, Allemagne). En 1973, il est programmé en tête d’affiche à l’Olympia; en 1975, son album « Viatge a Itaca » atteint les 150 000 exemplaires. La même année, la mort du vieux dictateur fait souffler un vent nouveau sur la société espagnole. Dès 1976, Lluis Llach entame une tournée triomphale en Espagne. Un disque, « Barcelona, gener de 76″, sera issu de ces moments historiques.
Le décès de Franco et l’avènement de la démocratie en Espagne donnent une autre dimension à l’univers de Lluis Llach. Désormais, les chansons d’amour et les textes plus poétiques prennent de l’importance. Mais il n’en oublie pas la politique pour autant, puisqu’en 1986 il intente un procès à Felipe Gonzalès pour violation de promesses électorales. Aux distinctions prestigieuses (dont un prix de l’Académie Française) s’ajoutent des signes de reconnaissance saugrenus. C’est ainsi que la célèbre chanson  »L’estaca » est adoptée comme hymne par l’Usap, la fameuse équipe de rugby catalane à la recherche d’un chant possédant plus de caractère que le folklorique « Volem pà amb oli » (« Nous voulons du pain et de l’huile »). « Ce n’est pas parce que nous sommes Catalans et que nous chantons  »L’estaca » que nous sommes les plus forts, indique Alain Texidor, l’entraîneur de l’équipe, mais c’est parce que les Catalans veulent être les plus forts qu’ils chantent  »L’estaca ». « C’est à des signes semblables que l’on peut dire qu’un chanteur catalan engagé peut aussi devenir une institution, sans rien renier de ses opinions. Car Lluis Llach n’est pas un homme de concession, et c’est cette intégrité qui lui a donné la place incontestable qu’il occupe aujourd’hui.

L’estaca (Le Pieu (1))

L’avi Siset em parlava

Grand-père Siset me parlait ainsi

De bon mati al portal

De bon matin sous le porche

Mentre el sol esperavem

Tandis qu’en attendant le soleil

I els carros veiem passar

Nous regardions passer les charettes

Siset, que no veus l’estaca

Siset, ne vois-tu pas le pieu

On estem tots lligats ?

Où nous sommes tous attachés ?

Si no podem desfer-nos-en

Si nous ne pouvons nous en défaire

Mai no podrem caminar !

Jamais nous ne pourrons nous échapper !

[Refrain]

Si estirem tots, ella caurà

Si nous tirons tous, il tombera

I molt de temps no pot durar

Cela ne peut durer plus longtemps

Segur que tomba, tomba, tomba

C’est sûr il tombera, tombera, tombera

Ben corcada deu ser ja.

Bien vermoulu il doît être déjà.

Si tu l’estires fort per acqui

Si tu le tires fort par ici

I jo l’estiro fort per alla

Et que je le tire fort par là

Segur que tomba, tomba, tomba,

C’est sûr, il tombera, tombera, tombera,

I ens podrem alliberar.

Et nous pourrons nous libérer.

Pero Siset fa molt temps ja

Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps

Les mans se’m van escorxant !

Mes mains à vif sont écorchées !

I quan la força se me’n va

Et alors que les forces me quittent

Ella és més ample i més gran.

Il est plus large et plus haut.

Ben cert sé que està podrida,

Bien sûr, je sais qu’il est pourri,

Pero és que, Siset, costa tant !

Mais, aussi, Siset, il est si lourd !

Que a cops la força m’oblida

Que parfois les forcent me manquent

Tornem a dir el teu cant :

Reprenons donc ton chant :

[Refrain]

L’avi Siset ja no diu res

Grand-père Siset ne dit plus rien

Mal vent que se’l va emportar

Un mauvais vent l’a emporté

Ell qui sap cap a quin indret

Lui seul sait vers quel lieu

I jo a sota el portal

Et moi, je reste sous le porche

I quan passem els nous vailets

Et quand passent d’autres gens

Estiro el col per cantar

Je lève la tête pour chanter

El darrer cant d’en Siset,

Le dernier chant de Siset,

Lo darrer que em va ensenyar

Le dernier qu’il m’a appris :

[Refrain] (x2)

Sites

http://www.lluisllach.fr/chanson-lluis-llach-l-estaca.php

http://chorale-lamalvent-85.e-monsite.com/blog/l-estaca.html

http://www.espritsnomades.com/sitemusiquedumonde/llach/llachlluis.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Estaca



http://www.dailymotion.com/video/x82gwp_l-estaca_music