Joana Vasconcelos

Problématique et analyse

Joana Vasconcelos évoque la condition des femmes, condamnées à cuisiner et à porter des talons hauts tout en faisant d’elles une installation monumentale.  »

“Dans cette sculpture, Joana juxtapose la dualité de rôles de femme dans la société – le rôle domestique(intérieur), qui traite avec la maison, s’occupant de la famille, etc et la sphère sociale, qui exige que des femmes recourent aux mesures artificielles et inconfortables pour apparaître plus socialement complaisantes.” Ana Rodrigues

Date de création et contexte historique: 2011, au Château de Versailles

Auteur

Joana Vasconcelos est née à Paris et vit et travaille à Lisbonne .

Suivant les traces de l’artiste américain Jeff Koons , le français Xavier Veilhan et Bernar Venet, et les Japonais Takashi Murakami , Joana Vasconcelos sera la première femme et la plus jeune artiste contemporain à exposer à Versailles. (wkp)

Interprétation de l’œuvre

C’est une accumulation de marmites métalliques et brillantes en forme de chaussure à talon aiguille géante, d’une échelle monumentale.

La surface brillante et réfléchissante des marmites donnent un caractère dur à ses chaussures clinquantes, rien de chaud dans ces marmites détournées de leur fonction. Non, c’est une image de femme qui a quitté ses fourneaux, d’une femme polie, d’une femme brillante, réfléchissante que l’artiste nous livre , l’image d’une femme élégante, raffinée (l’assemblage des marmites est parfait, suivant les courbes du pied), d’une femme entrant dans le monde de l’art et de l’histoire avec brio. « La femme doit être séductrice et cuisinière alternativement » Philippe Dagen

L’artiste crée un contraste saisissant avec le décor de Versailles : quelle est cette reine, cette princesse entrée au palais, laissant ses chaussures sur le parquet ? Une géante Cendrillon ?

Vasconcelos s’approprie, décontextualise et subvertit les objets préexistants et les réalités quotidiennes. Elle joue avec les changements d’échelle. Le spectateur devant ces chaussures doit se sentir tout petit face à ces escarpins géants et métalliques. L’artiste travaille le rapport au corps dans cette oeuvre, corps de la femme magnifié, monumentalisé mais aussi la perception par le public.

Quelle action effectue l’artiste pour réaliser son oeuvre ? Empiler, emboîter, accumuler, disposer, agencer de façon plastique des marmites en occupant un grand espace. C’est bien le geste de la ménagère qui cherche des solutions économiques pour ranger ses casseroles dans ses placards, toujours trop grosses ou envahissantes.

Rapport à la problématique

La femme est représentée de façon monumentale, elle occupe toute la place de la salle, se réfléchissant même dans les glaces.

« Si Joana Vasconcelos prends des airs de coquette et surjoue la féminité, c’est pour mieux en dénoncer les lieux communs ». Philippe Dagen

Vocabulaire spécifique

Accumulation

Changement d’échelle

Monument

Action

Geste

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

Arman a été le premier à réaliser des accumulations d’objets pour en faire des œuvres d’art.

Vénus au ongles rouges, 1967

Ici aussi, les objets sont détournés mais Arman ne travaille pas à une échelle monumentale. Il reprend les formes de la fameuse statue antique : la Vénus de Milo.

Zoulika Bouaddellah : l’artiste met en scène un dicton de la sagesse chinoise « ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre » pour dénoncer la condition des femmes dans les pays arabes où règne le fanatisme religieux et où les femmes sont condamnées à se taire et n’ont pas droit à la parole publique.

Les singes de la sagesse (aussi appelés « les trois petits singes ») est un symbole d’origine asiatique constitué de trois singes, dont chacun se couvre une partie différente du visage avec les mains : le premier les yeux, le deuxième la bouche et le troisième les oreilles. Ils forment une sorte de maxime picturale : « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ». À celui qui suit cette maxime, il n’arriverait que du bien. (wkp)

Le singe à la Renaissance était le symbole des peintres.

Cette casserole à couscous perforée nous fait penser à la Burqa

Fiesta, Pascale Simont, artiste résidant à la Réunion

Les chaussures noires agrandies elles aussi, forment comme une sorte de cadre de la peinture. Composition mettant en scène une symétrie presque parfaite. Le rouge et le noir sont les couleurs dominantes mettant en évidence la carnation de la peau. Le motif de la robe occupe la moitié de la surface de la toile et coïncide presque avec la surface du tableau

Francis Moreeuw, le Roi et la Reine, sculpture, technique mixte, 1998

Là aussi, les pieds de la reine sont surdimensionnés. Elle porte en guise de couronne des couverts dorés.

Charles Baudelaire était très impressionné par les grandes choses. Dans Le salon de 1859 il dit : « Dans la nature dans l’art, je préfère, en supposant l’égalité de mérite, les grandes choses à toutes les autres, les grands animaux, les grands paysages, les grands navires, les grands hommes, les grandes femmes, les grandes églises, et, transformant comme tant d’autres, mes goûts en principes, je crois que la dimension n’est pas une considération sans importance aux yeux de la beauté. » Wikipedia

Claude Lévêque, claude lévêque, valstar barbie, 2003

commentaires
  1. landry dit :

    super site

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