Archives de mars, 2012

Oeuvres:

 

– Autoportrait en soldat, Otto Dix, 1914, huile sur papier, recto verso, 68 x 53,5 cm, Galerie municipale, Stuttgart

 

– Autoportrait en casque d’artilleur, Otto Dix, 1914, hule sur papier, recto verso, 68 x 53,5 cm, Galerie municipale, Stuttgart

 

 

Problématique: comment ces deux autoportraits d’Otto Dix dénoncent-ils la guerre ?

 

 

Présentation des oeuvres et contexte: Ces deux autoportraits sont réalisés sur la même feuille: l’autoportrait en soldat sur le recto, l’autoportrait en casque d’artilleur sur le verso, alors que Dix vient à peine de s’engager dans l’armée, ces toiles montrent déjà la violence de la guerre qu’il soupçonne et qu’il dénoncera plus vivement et plus tard dans le reste de son œuvre. Quelle que soit sa condition dans l’armée, simple soldat ou gradé, Otto Dix en donne une vision négative.

 

 

Ces deux autoportraits s’inscrivent dans le mouvement de l’expressionnisme, mouvement artistique apparu au début du XXème siècle en Europe et plus particulièrement en Allemagne : les expressionnistes cherchent à déformer la réalité afin de créer une émotion réactionnelle forte chez le spectateur en représentant des visions angoissantes, déformantes, à travers des formes très agressives (violence des couleurs, traits acérés): l’expressionnisme est le reflet d’une conception pessimiste de la vie, suite à la 1ère guerre mondiale.

 

Analyse des oeuvres:

 

Quelle que soit sa condition dans l’armée, simple soldat ou gradé, Otto Dix en donne une vision négative

 

Le thème de la guerre ressort immédiatement avec le chiffre 14 (1914) sur le premier autoportrait. Les couleurs dominantes sont le rouge et le noir, couleurs de la mort, du sang, de la violence. Les coups de pinceaux comme les traits du personnage sont à la fois acérés (angles) grossiers, épais et symbolisent eux aussi la violence, la sauvagerie.

 

Dans l’autoportrait en capitaine, l’or du casque, des boutons et des épaulettes attirent en premiers le regard du spectateur, le regard disparaît en partie sous le casque, le visage disparaît derrière le costume. Mais l’or fait aussi ressortir d’autant plus le fond noir qui forme comme une auréole autour du peintre, comme un présage funeste. Le peintre se représente en plan rapproché et de trois quart, le regard du spectateur est attiré par le regard fuyant, inquiet, méfiant du peintre transformé par la guerre en bête apeurée et sauvage.

 

 

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