Archives de août, 2011

Problématique et analyse :Dénoncer ou servir le pouvoir ?Arman dédie ce monument à la fin de la guerre du Liban et à la paix retrouvée dans ce pays.
Date de création et contexte historique :La Guerre du Liban est un conflit qui s’est déroulé de 1975 à 1990 faisant entre 130 000 et 250 000 victimes civiles.
Auteur :Arman très connu pour ses accumulations d’objets érigés en œuvre d’art.Arman, Home sweet home, 1960, masques à gaz
Interprétation de l’œuvre :Sur la route de Beyrouth à Damas, il y a ce curieux monument, cadeau de la France au Liban.Les carcasses de chars et de canons coulées dans une gangue de béton symbolisent la paix retrouvée. Ils sont emprisonnés dans le béton, figés, stoppés net ne pouvant plus avancer. L’arrêt de la guerre est immédiatement visible et compréhensible dans cette œuvre. Le monument est haut de 32 m et pèse 6 000 tonnes. Il est visible de loin.Mais on peut aussi y voir une sorte de super-fortification, un bunker et un ouvrage militaire.De plus, il est à coté du Ministère de la défense, sur la route de Damas et il est interdit de le photographier.Curieux monument à la paix retrouvée, qui ressemble vraiment à un bunker. Cette oeuvre rappelle aussi les immeubles éventrés par les tirs durant la guerre, portant les stigmates des conflits. L’artiste en plongeant les chars dans du béton montre sa volonté d’arrêter la guerre. Le temps paraît comme suspendu dans cette oeuvre gigantesque. Le béton avec les ouvertures est comme rongé par le temps.

Rapport à la problématique :Arman dénonce la guerre dans ce monument aux chars incrustés dans du béton.
Vocabulaire spécifique :Monument, accumulation
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Cette œuvre monumentale est à rapprocher le Guernica  de Picasso, peinture elle aussi aux dimensions monumentales.
Autre :
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Comment Arman réussit-il à dénoncer la guerre ?
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Etude réalisée à partir de nombreux articles sur le net.

Problématique et analyse :Dénoncer ou servir le pouvoir ? Jochen Gerz invite dans ce monument aujourd’hui enfoui dans le sol à dénoncer le fascisme et appelle à se souvenir de la shoah.« Monument contre le fascisme » affirme la volonté des artistes de ramener à notre esprit les méfaits engendrés par le fascisme, et pose se monument comme une opposition à ce régime.
Date de création et contexte historique :; inauguration le 10 octobre 1986,disparition totale le 10 novembre 1993.L’œuvre a été progressivement enfouie dans le sol et aujourd’hui, seuls sont visibles au centre de la place le sommet de la colonne aujourd’hui sous verre et le panneau de texte invitant les personnes à signer.
Auteur :Jochen GERZ et ESTHER SHALEV-GERZ,
Interprétation de l’œuvre :Jochen Gerz a installé dans la ville de Harbourg une colonne d’acier haute de 12 mètres recouverte d’un mince couche de plomb. « Quatre stylets étaient accrochés à la colonne. Il y avait écrit dans sept langues une invitation à signer en gravant sur la colonne son nom avec les stylets prévus à cette occasion. Au fur et à mesure que l’espace était rempli, la colonne était enfouie dans le sol afin de dégager une nouvelle surface libre. Le passant devient co-auteur de l’œuvre interactive.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jochen_Gerz

Ce monument rappelle les stèles avec les inscriptions des personnes disparues dans les camps de concentration, notamment dans le camp de Buchewald. « Les signatures, de personnes vivantes, sur la colonne forment une longue liste semblable à celles des noms de victimes de l’holocauste.Des tirs, des graffitis avec « étrangers dehors » mais aussi des croix gammées ont été tracées sur ce monument qui témoigne ainsi de la réaction du public face à l’holocauste. C’est une pétition géante en acier, un tract monumental. Ce monument entre dans la tradition des pierres gravées de tous les temps.« Nous invitons les citoyens de Harburg et les visteurs de cette ville à ajouter ici leurs noms aux nôtres. Cela doit nous inciter à être et demeurer vigilants. Au fur et à mesure que les noms couvriront cette colonne de 12m, elle s’enfoncera progressivement dans le sol. Un jour elle aura complètement disparu et la place du Monument de Harburg contre le fascisme sera vide. Car rien ne peut au long cours s’ériger à notre place contre l’injustice » E.S-G.et J.G. La colonne s’enfonça en 8 étapes du 10/10/86 au 10/11/93.Elle est désormais visible par fragment à travers une fenêtre-meurtrière. »On érige un monument à la mémoire de quelque chose, ici le mouvement est inversé, de l’ordre de l’enfouissement comme étaient autrefois enfouies les « capsules temporelles », sortes de conteneurs remplis d’objets divers d’une époque devant être exhumés à une date donnée. L’oeuvre de Gerz est une capsule temporelle, un témoignage dans le temps.Plaque recouvrant une capsule temporelle enfouie en californie en 1996 et devant être ouverte en 2075.

Rapport à la problématique :Jochen Gerz dénonce le fascisme en invitant le public à prendre parti dans cette œuvre. C’est une oeuvre collective invitant le public à s’engager contre la dictature.
Vocabulaire spécifique :Monument.
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Cette œuvre monumentale est à rapprocher le Guernica  de Picasso, peinture elle aussi aux dimensions monumentales. Peter Eisenmann, Monument à la shoah
Autre :Le monument a pour but de faire revivre au présent un passé englouti dans le temps. — (Françoise ChoayL’Allégorie du patrimoine (1992), éd. Seuil, coll. la couleur des idées, 1999 (édition revue et augmentée)Monument et monument historique, p. 21.) L’étymologie du mot monument: Du latin monumentum, dérivé du verbe moneo (se remémorer).Témoignage de Jochen Gerz: » L’art est un mécanisme qui joue avec l’oubli. Il ne peut pas y avoir de mémoire là où il n’y a pas d’oubli. La mémoire doit surgir de l’oubli »http://www.civismemoria.fr/contribution/?module=contrib&contrib=516
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Comment Jochen Gerz réussit-il à toucher les spectateurs dans cette œuvre et à les faire participer ?

Christian Boltanski

Personnes.

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Installation monumentale comprenant:

⁃               un mur de caisses rouillées et numérotées de biscuits

⁃               50 tonnes de vêtements achetés dans des friperies

⁃               une pince de chantier rouge

⁃               des hauts-parleurs

⁃               des néons

Lieu et date de cette installation: Grand Palais à Paris en janvier 2010

Rapport à la problématique: Boltanski, dans Personnes, dénonce les crimes contre l’humanité notamment la shoah. On peut voir dans cette oeuvre également une référence aux charniers.

Description et interprétation de l’oeuvre:

Le visiteur commence par se heurter à un haut mur de caisses de biscuits numérotées s’élevant devant lui comme un écran géant barrant la vue de ce qui se trouve derrière. C’est un mur de séparation entre l’extérieur et l’intérieur de l’oeuvre. On peut songer au mur de Berlin séparant jusqu’en 1989 Berlin Est de Berlin Ouest. Ces caisses empilées, accumulées, évoquent également les cimetières espagnols ou des urnes funéraires, mais ici les personnes ne sont plus que des numéros. Comment ne pas songer aux déportés tatoués par les allemands les considérant comme de simples numéros sans identité, sans nom ni prénom ? D’ailleurs le titre Personnes n’évoque-t-il pas l’anonymat ? Les ombres des visiteurs sont projetées sur le mur formant des troupes de silhouettes sombres glissant, dansant sur les caisses de biscuits telle une danse macabre. Voir le film http://www.artnet.fr/magazine/expositions/SPIES/Boltanski.asp « La Danse macabre est un élément, le plus achevé, de l’art macabre du Moyen Âge, du xive au xvie siècle. Par cette sarabande qui mêle morts et vivants, la Danse macabre souligne la vanité des distinctions sociales, dont se moquait le destin. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_macabre Danzas_de_la_muerte

Danse macabre de Guyot Marchant 1486

On entend une rumeur parvenir à nos oreilles sans pouvoir identifier nettement les bruits. On perçoit un brouhaha, comme un martellement mêlé de sons de voix. « Beaucoup de monde, une foule de personnes se trouverait-elle à l’intérieur ?», se demande-t-on. Une fois le mur passé, le visiteur pénètre au coeur de la nef de verre du Grand Palais, à  l’intérieur de l’oeuvre où un vacarme saisissant se fait précisément entendre. Bruits d’usine ou de machines, le spectateur a du mal à identifier la rumeur étourdissante. Ce sont des enregistrements de battements de coeurs juxtaposés puis diffusés à grand volume qui se mélangent avec les commentaires des visiteurs. Les spectateurs, d’ailleurs, sont invités à enregistrer leur propre organe vital pour cette installation interactive. Cette pulsation géante incarne la vie dans cette œuvre où la mort est omniprésente. La pulsation de la vie dans cette oeuvre incarne le temps qui passe, la vie qui s’écoule. Personnes est un coeur gigantesque, un coeur universel. Sur le sol sont répartis, disposés en allées formant un quadrillage, 70 rectangles de vêtements multicolores et qu’on devine déjà portés. « Tout se déplie au sol, dans une dimension d’où la vie s’est retirée. » 1 On se croirait dans un cimetière avec des sépultures gisant au sol. Des hauts-parleurs  accrochés à des poteaux situés dans les angles des rectangles de vêtements diffusent le son des coeurs battants. « le grondement doit être physiquement et psychiquement insupportable »2 Des câbles relient les poteaux, obligeant les visiteurs à suivre un chemin précis éclairé par des néons diffusant une lumière froide. « J’ai l’impression d’être dans une décharge » s’écrie une visiteuse.3 Cette installation fait penser aux barraquements dans les camps de concentration. Les câbles renvoient aux fils de fer barbelés dans les camps. C’est l’hiver, le froid fait partie de l’oeuvre précise l’artiste. Le visiteur est saisi par la température qui favorise le recueillement, la méditation et même l’effroi. En effet, cette installation évoque les camps de concentration conçus par les nazis. Christian Boltanski est né dans une famille juive et cite dans ce travail cette période tragique de l’histoire. Les nazis dépouillaient leurs victimes de tous leurs biens jusqu’aux couronnes en or dentaires. Ils en faisaient des piles qu’ils recyclaient. L’artiste veut mettre le spectateur face à l’Histoire, face à l’horreur humaine, dénonçant les crimes contre l’humanité en créant cet événement commémorant la shoah. En effet, cette installation Personnes ressemble fort à une industrie de la mort. Au fond de la pièce se trouve une pyramide gigantesque de vêtements au sommet de laquelle une pince géante de chantier vient saisir puis relâcher quelques vêtements au hasard. Il montre ici le jeu de la vie et de la mort. Cette pince serait « le doigt de Dieu » selon l’artiste. Mais celle-ci nous rappelle également les pinces des fêtes foraines. C’est le seul clin d’oeil humoristique dans cette oeuvre tragique. Comment ne pas songer à la pesée des âmes ou au jugement dernier ? Et c’est avec stupeur que l’observateur voit les vêtements retomber au sommet de la pyramide comme des corps morts lorsque la grue les relâche. Assisterait-on à une pesée des âmes effectuée par la grue où aucune personne ne serait épargnée ? ?

Jugement Dernier: Le Jour du Jugement Dernier (ou Jour de la Résurrection ou Jour du Seigneur ou encore Jour de la Rétribution) est, selon les religions abrahamiques, le jour où se manifestera aux humains le jugement de Dieu sur leurs actes et leurs pensées. Certains seront damnés alors que d’autres seront trouvés justes aux yeux de Dieu. Le devenir des damnés et des justes n’est pas le même selon tous les textes. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_du_jugement

Le damier formé par les rectangles de vêtements, la pyramide au fond de la salle, l’architecture avec les voûtes du Grand Palais reprennent la structure d’un tableau célèbre de Van Eyck: La Vierge au Chancelier Rolin, du Xvème siècle. Diapositive12

L’oeuvre de Boltanski est un triptyque: composée de trois parties:

_ le mur de caisses de biscuits

_ les rectangles de vêtements au sol

_ la pyramide de vêtements avec la pince géante

Définition de triptyque : Dans le domaine des Beaux-arts, un triptyque (du grec τρίπτυχος, plié en trois) est une œuvre peinte ou sculptée en trois panneaux, dont les deux volets extérieurs peuvent se refermer sur celui du milieu. http://fr.wikipedia.org/wiki/Triptyque

Toute en horizontalité en son coeur, l’installation forme une verticale à l’entrée avec le mur puis avec le mouvement de la pince montant et descendant au sommet de la pyramide cônique. C’est une oeuvre pénétrable, monumentale où l’image et le son jouent leur rôle. On peut dire que c’est une oeuvre d’art totale. Citations de Boltanski: « Ce qui m’intéresse principalement aujourd’hui c’est que le spectateur ne soit plus placé devant une oeuvre, mais qu’il pénètre à l’intérieur de l’oeuvre. » « Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression » « La grue représente le doigt de Dieu » La mémoire absente est au coeur de l’oeuvre. La vie invisible et seulement audible, réduite à un seul son de battement de coeurs rend les voix des spectateurs encore plus vivante. Après avoir ressenti l’effroi, le visiteur ne peut que ressentir la vie couler dans ses veines. Il doit être en mouvement à cause du froid. Cette « machine infernale à tuer » est dans la réalité une « machine de vie », rendant les gens bien vivants. Le processus de création se renverse dans la réalité concrète et devient porteur de vie. Voilà une haute mission que Boltanski donne à l’art que celle de rendre la vie.

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123: http://www.artnet.fr/magazine/expositions/SPIES/Boltanski.asp Citations de Christian Boltanski: « Ce qui m’intéresse principalement aujourd’hui c’est que le spectateur ne soit plus placé devant une oeuvre, mais qu’il pénètre à l’intérieur de l’oeuvre. » « Même les réactions des spectateurs, ses peurs ou ses colères, sont partie intégrante du déroulement de l’oeuvre. »  » Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression » « La grue représente le doigt de Dieu » http://archeologue.over-blog.com/article-monumenta-boltanski-l-absence-la-presence-et-le-hasard-43021631.html http://www.parisetudiant.com/etudiant/sortie/personnes-christian-boltanski.html

Rapprochement avec d’autres oeuvres: Oeuvre d’art totale, pénétrable, impression d’entrer dans une décharge: la Demeure du Chaos. Primo Levi: poème en introduction de son livre:  Si c’est un homme

« Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’ est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfant.3
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous. »

Turin, Janvier 1947, Primo Levi http://fr.wikipedia.org/wiki/Si_c’est_un_homme

Danièle Pérez

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Kusturica dénonce la persécution des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Court-métrage réalisé à partir de la célèbre peinture de Picasso.Le film est marqué par une réflexion sur l’art, le montage, la lumière et les portraits de visages, mais également l’obsession de son auteur pour les injustices absurdes et monstrueuses de la guerre, et la famille mutilée.
Date de création et contexte historique :Film de fin d’études, Guernica (1978) d’ Emir Kusturica aborde l’antisémitisme vu par l’oeil d’un enfant qui apprend sa judéité au moment même où le nazisme impose aux juifs de porter en brassard l’étoile de David. (source internet)
Auteur :Emir Kusturica,Né à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) en novembre 1954
Interprétation de l’œuvre :« Le film est marqué par une réflexion sur l’art, le montage, la lumière et les portraits de visages, mais également l’obsession de son auteur pour les injustices absurdes et monstrueuses de la guerre, et la famille mutilée. ».-       L’enfant découpe des photos de famille en mutilant le nez des personnages afin de réaliser un photomontage dont la composition d’ensemble rappelle celle de la peinture de Picasso. Un œil est au centre de la composition.-       Film réalisé en noir et blanc ce qui accentue l’effet dramatique.–       De nombreux cadrages à l’intérieur de chaque plan découpé en une série d’images assemblées : par exemple dans la photo extraite du film ci-dessus, la fenêtre découpe l’image en plusieurs parties auxquelles s’ajoutent les fragments de photos découpées et en arrière-plan un tableau flou accroché au mur. Kusturica reprend l’idée de fragmentation des corps présente dans la peinture de Picasso.-       « Condensé collé et découpé de photographies représentant des têtes, album d’une famille juive éclatée, massacrée puis reconstituée par la main d’un jeune garçon. L’oeil central du collage, en survol au-dessus des têtes, est au moins autant celui de l’enfant dont l’éveil à la cruauté du monde a débuté, que l’oeil attentif du cinéaste. Mais aussi, sans douter, l’oeil des spectateurs complices de Guernica. ».

–       Le film s’achève sur une autre citation de Picasso : Les Ménines  dont il reprend la composition d’ensemble.

Les Ménines de Picasso

Les Ménines de Vélasquez

 

Rapport à la problématique :Kusturica dénonce les idées antisémites dans ce film en reprenant les grands traits de la composition de Guernica de Picasso.
Vocabulaire spécifique :Le contraste de clair-obscur.
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Rapprochement à faire avec les corps fragmentés présents dans la peinture de Picasso, le parti-pris du noir et blanc. Le découpage (Picasso peint des figures en aplat, sans volume comme des images découpées et planes) (le petit garçon découpe des photos, Kusturica découpe ses plans en plusieurs images.
Autre :http://www.youtube.com/watch?v=m6e2-AbMVoUExtrait du film de Kusturica sur YoutubeInformations sur l’artiste et le film:http://www.cadrage.net/films/guernica.htm
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Quels sont les points communs entre le film de Kusturica et la peinture de Picasso ?

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Personnage anonyme qui dans ses œuvres dénonce des faits politiques et sociaux. Veut perturber le public avec des images choc en général contre les guerres.
Date de création et contexte historique :Parmi ses grands coups, il s’est rendu à la frontière Israélo-palestinienne (West Bank) en 2005, afin de peindre sur le mur de Gaza, séparant Israéliens et Palestiniens. Il réalise neuf peintures, pour la plupart très incisives. Enfants qui font des châteaux de sable, paysages fantastiques, petite fille qui se laisse porter par des ballons. À sa façon, il crie à l’injustice et fait réfléchir. Son oeuvre est mondialement reconnue comme étant une voix dénonçant l’iniquité et l’inégalité, criant haut et fort ce que des millions de personnes pensent.
Auteur :Né en 1974. Personnage mythique de la scène graffiti qui est anonyme et qui signe toutes ses œuvres avec un pseudonyme. Il est l’auteur d’un manifeste publié sur son site internet. Banksy serait un artiste du Street art (Graffiti) originaire de Bristol, en Angleterre. Son art est un mélange d’ironie, d’irrévérence, d’humour et comporte très souvent des messages très clairs comme ses interventions entre Israël et la Palestine. Il est pour la liberté, pour la justice, contre la guerre, la famine et tous les fléaux causés par l’homme.
Interprétation de l’œuvre :Banksy représente dans ses œuvres exécutées au pochoir et parfois préparées à l’ordinateur,  à la frontière israélo-palestinienne des petits coins de paradis. Ici, des enfants jouent dans le sable avec un paysage paradisiaque affiche en trompe-l’œil en arrière plan. Banksy perce le mur séparant les deux territoires en offrant des paysages de paix au regard. Ses œuvres sont en étroite relation avec le site : on voit sur la photographie de son œuvre, un grillage et des barbelés qui donnent un effet dramatique à la scène.Contraste personnages peints en aplat noir et blanc, au pochoir avec le paysage en trompe-l’œil en arrière plan : contraste espace plan/espace illusionniste. »Banksy a fondé le projet « Santa’s Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Gaza afin de redonner espoir aux habitants palestiniens. En 2005, aidé par d’autres artistes, comme Ron English, un Américain, le mur de séparation prend petit à petit les couleurs d’une toile artistique géante, comme avec l’image de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui tient par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/BanksyKim Phuc, brûlée au napalm – Nick UtWikipédia

Concernant ce projet, Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu’un jour, alors qu’il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : « vous embellissez le mur ». Banksy, flatté : « Merci, c’est gentil », fut aussitôt coupé par le vieil homme : « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous ».

http://www.bizwall.net/archive/helenbeck/BANKSY/fr/Biographie.html

Rapport à la problématique :Œuvre qui dénonce les actes de guerre entre Israël et la Palestine
Vocabulaire spécifique :Trompe-l’œilContrastePochoir
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :S’est inspiré d’Ernest Pignon-Ernest artiste travaillant in situ (sur le site, en créant une relation avec le décor, l’espace environnant).Les ombres de Nagasaki et d’Hiroshima ont hanté Ernest PIgnon Ernest. Il a apposé des images peintes, de personnes dans le désarroi, chômeurs, dessinées, sérigraphiées sur du papier fragile, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, qui se marient à l’architecture urbaine, et acceptées par les populations qui les défendent même de leur dégradation lente (Naples). Ernest Pignon-Ernest dénonce l’art construit pour les musées et expositions...au début il y a un lieu, un lieu de vie sur lequel je souhaite travailler. J’essaie d’en comprendre, d’en saisir à la fois tout ce qui s’y voit : l’espace, la lumière, les couleurs… et, dans le même mouvement ce qui ne se voit pas, ne se voit plus : l’histoire, les souvenirs enfouis, la charge symbolique… Dans ce lieu réel saisi
ainsi dans sa complexité, je viens inscrire un élément de fiction, une image (le plus souvent d’un corps à l’échelle 1). Cette insertion vise à la fois à faire du lieu un espace plastique et à en travailler la mémoire, en révéler, perturber, exacerber la symbolique
… Ernest Pignon Ernest.La démarche de Banksy suit cette voie.

Autre : Sources site internet Banksyhttp://www.banksy-art.com/art-banksy.htmlhttp://www.pignon-ernest.com/
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Qu’est-ce qu’un trompe-l’œil ?Ici Banksy représente la colombe de la paix avec un gilet pare-balles. Une cible peinte en rouge est représentée sur son ventre. On peut rapprocher cette colombe de celle peinte par Picasso dans Guernica, poignardée avec un couteau.Sources: Wikipedia et site de l’artiste. Idem pour Ernest PIgnon Ernest

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Ce tableau dénonce le pouvoir.

 

Date de création et contexte historique :Création : 1920

L’œuvre est une peinture à l’huile intégrant des collages sur toile.

Les techniques utilisées rapprochent Otto Dix du courant « dadaïste », mais ce tableau s’inscrit dans le courant expressionniste, en ce que l’art est un moyen d’exprimer des angoisses et une révolte face à la situation sociale et économique difficile.

 

Auteur :Otto Dix est allemand, né en 18921. Il participe à la guerre en tant que simple soldat, engagé volontaire, il est foncièrement militariste en 1914. Il trouve que la guerre est « juste ».

Après la guerre, il devient antimilitariste et veut dénoncer les horreurs de la guerre à travers soin art.

Après l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, Dix est considéré comme un artiste « dégénéré »,  ses tableaux sont détruits en grande partie.

 

Interprétation de l’œuvre :L’horreur de la guerre : mutilation, prothèses, handicaps.

–       Les victimes directes sont : le mutilé, le cul de jatte.

–       Les victimes indirectes : l’enfant et la femme.

–       Les artifices réparateurs proposés à la société sont : les perruques, corsets et prothèses.

La crise sociale :

–       1er plan : ceux qui s’en sortent : le cul de jatte-ancien combattant-et l’hommes-bras qui a profité de la guerre pour s’enrichir.

–       2ème plan : les perdants : le mutilé mendiant, la femme veuve prostituée, l’enfant orpheline

–       Arrière plan : la remise en cause des normes esthétiques et morales : prothèses=marionnettes, buste=prostitution, perruques=travestissement.

La crise politique :

–       Le tract antisémite de la ligue des anciens combattants accusent les juifs et les  socialistes d’être responsables de la guerre.

–       Les bourgeois sont les décideurs : le chien montre les crocs

–       La faux traverse le tableau : la violence se retournera contre les profiteurs

 

Rapport à la problématique :Ce tableau veut dénoncer la violence politique qui existe à la fin de la première guerre mondiale et témoigne de la brutalisation des sociétés en temps de paix.

 

Vocabulaire spécifique :Antimilitarisme, crises, expressionisme

 

Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Guernica, de Pablo Picasso qui réagit après le bombardement de la ville en 1936
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Quelles sont les intentions d’Otto Dix ?

Pour quelle raison le régime d’Hitler rejette-t-il Otto Dix à partir de 1933 ?

 

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Kata Legrady dénonce l’utilisation des enfants-soldats pendant les guerres.
Date de création et contexte historique :Exposition 6 février 2010 > 6 mars 2010 Gallery Rabouan Moussion
Auteur : »l’artiste Kata Legrady est née en Hongrie en 1974 et, enfant pendant l’occupation soviétique, on lui a appris à se servir d’une arme. A l’effondrement du régime en 1989, la démocratisation apporta son lot de nouveautés, parmi lesquelles… des Smarties. »http://www.grazia.fr/culture/articles/je-me-la-pete-en-art-contemporain-un-flingue-des-smarties-41754
Interprétation de l’œuvre :Photographie agrandie pour figurer le regard de l’enfant, arme représentée de manière frontale, de face sans effet de profondeur ni de perspective dans le but de créer une image choc.Image qui séduit dans un premier temps avec les couleurs vives des smarties  puis qui repousse à cause de la présence de l’arme. »Des images à la précision clinique et vibrante de couleur hantées, précise l’artiste, par celles d’enfants-soldats ou d’autres indicibles abominations. » L’objet obtenu peut être exposé tel quel. Il est alors présenté sous cloche ou sous verre comme une curiosa ou un puissant talisman, ou bien il peut être photographié. Dans ce cas, l’échelle peut être modifiée et l’objet démesurément agrandi.http://www.actuart.org/pages/kata-legrady-armes-de-guerre-et-bonbons-colores-5641294.htmlCelui-ci apparaît toujours de manière frontale, éclairé par une lumière étale, se détachant sur un fond blanc immaculéContrastes d’attraction/répulsioncontraste maximum avec le fond blanc/couleurs vives/arme noir et gris, bon/pas bon, etchttp://www.galerie-rabouan-moussion.com/fr/expositions/bombs-candies/10Ces images ou assemblages photographiés sont d’une grande visibilité et lisibilité comme les affiches publicitaires avec un message clair et précis. Kata Legrady veut attirer l’attention du public sur cette question de l’utilisation des enfants pendant les guerres.
Rapport à la problématique :Cette œuvre dénonce la fascination des armes et leur utilisation par les enfants en période de guerre. Elle a une dimension autobiographique
Vocabulaire spécifique :Contraste Frontal
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Image choc à rapprocher de Guernica de Picasso (grand format, frontalité, contraste) et celles de Banksy. Le regard de l’enfant: à rapprocher avec l’oeuvre de Norman Rockwell: cadrage qui « coupe les têtes des deux hommes » (hors cadre)escortant la fillette pour figurer également le point de vue de l’enfant.
Autre :
Liens et informations:http://mycontemporary.com/fr/artistes/kata-legrady