Farenheit 451

Publié: mai 18, 2014 dans 1 arts et pouvoir
Histoire des Arts

 

Identification de l’œuvreTitre : Farenheit 451

 

 

Artiste (courte biographie)  : François Truffaut est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et critique du cinéma français, il est né en 1932 et décédé en 1984. Il est une des figures importantes du groupe de cinéastes de la « Nouvelle Vague » issus des « Cahiers du cinéma ».  Il a réalisé de nombreux films qui sont maintenant des monuments du cinéma français comme « Les quatre cent coups », « La vie d’Adèle H », « Le dernier métro » …

 

 

 

Date de sortie : septembre 1966

Durée : 1h50

 

Le film est adapté d’un roman de science-fiction de Ray Bradbury, publié en 1953. « Farenheit 451 » décrit une société futuriste dans laquelle la lecture est interdite car cet outil de réflexion empêcherait les gens d’être heureux. Une brigade de pompiers a pour rôle de débusquer les livres encore en circulation et de les brûler … Le titre « Farenheit 451 » renvoie à la température à laquelle un livre se consume.

 

 

 

Domaine(s) artistique(s ):- arts du visuel

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Problématique :

Comment François Truffaut, par les techniques cinématographiques, renforce-t-il la critique de la dictature imaginée par Bradbury dans son roman « Farenheit 451 » ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Description et analyse de la scène d’ouverture du film 

I- La mise en place d’un contexte étrange

 

1)    Une scène d’ouverture mystérieuse

 

  • Le film s’ouvre in media res: on peut difficilement répondre aux questions de situation d’énonciation, on prend une action en cours. On devine qu’il est question d’une intervention de pompiers, mais ceux-ci sont étranges, leur tenue est inadaptée, leur matériel inexistant, on comprendra seulement par la suite qui ils sont.
  • Idem pour l’homme qui est au téléphone : qui l’appelle? Pourquoi fuit-il? Quel rapport y a t-il entre la séquence où l’on aperçoit le camion de pompier et celle où l’on bascule dans l’appartement? Le raccord entre les deux séquences ne se faisant que par la musique qui vient mourir dans la séquence de l’appartement.
  • Tout ceci crée chez le spectateur un effet de suspens, de mystère, il veut en savoir plus. Ce mystère est accentué par la focalisation externe : on en sait moins que les personnages.

 

 

2)    Une atmosphère étouffante

 

  • L’atmosphère de la scène d’ouverte est donc mystérieuse, mais aussi étouffante,  grâce à certains procédés filmiques qui créent en certaine tension.
  • La plongée sur le camion de pompier, le panoramique, le travelling d’accompagnement permettent d’accentuer l’effet de vitesse, cette accélération, accompagnée d’une musique cacophonique est oppressante et met le spectateur mal à l’aise.
  • Le montage saccadé avec effet de succession de zoom avant et de gros plans sur le personnage au téléphone permet également de créer un effet de tension dramatique, en faisant sentir par l’image que le personnage est en danger.

 

 

3)    Un monde austère

 

  • La sensation d’oppression est également favorisée par le décor qui révèle un monde austère.
  • Il est caractérisé par des formes géométriques très dures, lignes horizontales et verticales, de la caserne , du camion de pompier, des barres d’immeubles, accentuées par des effets de sur cadrage (porte de la caserne, porche de l’immeuble)
  • Les couleurs dominantes sont le gris (tristesse, pâleur) et le rouge vif (danger, interdiction), il n’émane aucun sentiment de vie de ce décor, ainsi le gris et la géométrie des barres d’immeubles englobent, absorbent dans un plan le personnage en fuite, et la nature, étouffée, que l’on devine par la profondeur de champ (arbre coupé en deux par le pilier).

 

 

II- L’image au service de la dénonciation des dictatures

 

 

1)    De véritables pompiers?

 

  • Au fil du déroulement du film, on comprend que les pompiers n’en sont pas grâce au montage alterné on saisit progressivement le sens.
  • Leur camion a l’air d’un jouet, ils descendent la barre de la caserne à la chaîne, comme des automates, il marchent d’un pas réglé comme le montre le plan américain avec travelling d’accompagnement, ils fouillent l’appartement comme des policiers cherchant des indices, connaissant les cachettes (incongruité souligné par la succession très rapide de plans, avec plans rapprochés sur les objets fouillés) on peut les comparer à une milice.

 

 

2)    Le renversement des rôles

 

  • On assiste alors à un renversement des rôles.
  • Alors que les pompiers sont censés éteindre le feu, ce sont eux qui l’allument.
  • Alors qu’ils sont censés protéger la population, ils installent une barrière entre eux et elle, comme le matérialise la mise en place des gyrophares autour du feu, il y a une barrière entre les deux.
  • Ils doivent aussi véhiculer une image rassurante: ici, ils font peur, ils ont le visage fermé, et les plans américains et plans rapprochés sur le visage du chef, montrent quelqu’un de malsain, arrogant, supérieur, il est représenté avec tous les attributs du pouvoir répressif (gyrophare, rouge etc) lorsque Montag regarde l’enfant, incarnation de l’innocence, il n’a pas un regard bienveillant mais inquisiteur, le champ- contre champ du regard, le souligne, il n’a même pas besoin de parler, une regard suffit pour que le père de l’enfant comprenne, or une société où l’on a pas le droit à la parole est une dictature

 

2)    L’autodafé : «là où l’on brûle des livres on finit pas brûler des hommes » (Heinrich Heine)

 

  • Les pompiers-policiers sont à la recherche de livres, qu’ils brûlent, c’est un autodafé
  • Pourquoi brûler des livres? Ils permettent d’accéder au savoir et à la culture et participent donc à l’émancipation des peuples, ce qu’empêchent les dictatures. La littérature comme savoir est ici symbolisée par le plan rapproché sur le livre, dans la lampe, allumée, cela renvoie de façon imagée à tout l’idéal des Lumières.
  • Pour la dictature le savoir est un danger, comme le symbolisent les plans sur la pomme (mouvement complexe, la pomme représente le savoir, ici elle est maltraitée, jetée, crachée), ainsi que le choix du livre dans la lampe (Dom Quichotte, personnage contaminé par la littérature), c’est pour cela qu’il est brûlé, l’autodafé a une dimension sacrificiel, le feu purifie, le milicien porte d’ailleurs une tenue blanche qui rappelle la tenue d’un évêque.
  • Truffaut, par ses choix de réalisation, insiste alors sur le fait que la littérature doit occuper une place centrale dans une société et dénonce ainsi les régimes totalitaires: sa façon de filmer la milice nous met mal à l’aise et il donne aux livres une place centrale à l’image, avec des gros plans sur les mains des miliciens entrain de les maltraiter, les livres finissent par occuper tout le cadre, ou en créant des effets de dramatisation, de théâtralisation: plan ralenti avec contre plongée, plongée et composition circulaire (le feu de livres au centre et la population autour).

 

Un extrait de la scène d’ouverture à visionner ici : http://evene.lefigaro.fr/cinema/films/fahrenheit-451-5685.php?video=1011575

 

L’œuvre de Bradbury dans son contexte historique 

Même si l’histoire de « Farenheit 451 » se déroule dans une société imaginaire et futuriste, on peut y voir un reflet de la société contemporaine à l’écriture du roman. En effet, dans les années 1950, période durant laquelle le roman est publié, les États-Unis sont en proie au Maccarthysme, appelé aussi « chasse aux sorcières ». En pleine Guerre Froide, le Sénateur Joseph Mac Carthy instaure la traque sur le territoire américain d’agents, militants ou simples sympathisants communistes. Visant d’abord les « agents communistes infiltrés dans le pouvoir fédéral », le Maccarthysme s’étend à toutes les formes de contestations politiques ou de subversion (notamment l’homosexualité). Les citoyens américains sont eux-mêmes invités à dénoncer les personnes qu’ils estiment être « suspectes » , des milliers de personnes perdent ainsi leur emploi car elles sont inscrites sur une liste noire empêchant leur embauche.

Le milieu culturel, cinématographique et littéraire, est également durement touché, Chaplin doit s’exiler en Europe et les écrivains, surtout s’ils sont de gauche, doivent rendre des compte et sont automatiquement soupçonnés. Certains livres, considérés pro-communistes, sont retirés des bibliothèques.

La chasse aux livres et aux intellectuels, leur dénonciation par des voisins, mises en scène dans « Farenheit 451 » peuvent donc rappeler  ces tristes moments de l’Histoire américaine.

 

Mme PICARD

Je trahirai demain, M. Cohn

Publié: avril 21, 2014 dans 1 arts et pouvoir

HdA Marianne Cohn

No women no drive

Publié: avril 19, 2014 dans 2 femmes

Problématique

 

Comment les deux comédiens saoudiens dénoncent-ils le statut de la femme en Arabie Saoudite?

 Date de création

 

Clip vidéo mis en ligne sur Youtube le 26 octobre 2013.

 

 Auteurs et contexte

 

Hisham Fageeh et Fahad Albutairi sont tous deux comédiens saoudiens. Ils vivent à Ryad et militent  en faveur de l’égalité des droits sociaux en Arabie Saoudite.

Ils ont posté ce clip vidéo s’intitulant « No Woman No Drive » sur Youtube le 26 octobre 2013, lors de la manifestation organisée par quelques femmes saoudiennes afin de protester contre la loi leur interdisant de conduire.

 Description

 

Hisham Fageeh et Fahad Albutairi, tous deux portant les vêtements traditionnels saoudiens, chantent leur version de la chanson de Bob Marley « No Woman No cry ». Celle-ci est sous-titrée en arabe et en anglais. Les deux acteurs évoluent dans un décor très dénudé, un simple fond noir entrecoupé de rares images illustrant les paroles de leur composition. La première et la dernière image sont identiques. Elles montrent l’interprète principal assis sur une chaise. Tout à la fin du clip, des traits lumineux à l’arrière-plan, laissent deviner la présence d’une porte fermée. Cette vidéo a été vue par plus d’un million d’internautes en moins de 24 heures.

 

 Contexte historique et interprétation

 

Les deux comédiens saoudiens expriment dans ce clip vidéo leur soutien à leurs concitoyennes qui se sont opposées à la loi leur interdisant de conduire en prenant le volant le 26 octobre 2013.Cette manifestation s’est déroulée dans un climat extrêmement tendu :

-       Les manifestantes ont été menacées de représailles par les autorités locales.

-       Ce sujet sensible divise fortement l’opinion publique.Les opposants à cette campagne contestataire,  y compris des femmes,  ont été localement nombreux.

En effet, l’Arabie Saoudite est une société très fermée. C’est le dernier pays au monde interdisant aux femmes de conduire.

Via cette parodie satirique de la chanson de Bob Marley « No Woman No cry », les deux dénoncent avec humour le statut de la femme dans leur société contemporaine.

  

Rapport à la problématique

 

Dénonciation du statut de la femme en Arabie Saoudite:

  1. A travers les seules images visibles dans le clip vidéo. La femme est réduite:
  • A un appareil reproducteur.
  • A la fonction de cuisinière.
  1. A travers les postures d’ouverture et de fermeture de l’interprète principal. Elles sont identiques, illustrant ainsi l’immobilisme de l’évolution de la condition féminine dans la société saoudienne.
  2. A travers le symbole de la porte fermée à la fin du clip, illustrant:

-        Soit le fait que le chemin menant à  la libération de la femme saoudienne est semé d’embûches,

-       Soit  qu’elles sont enfermées dans un carcan de traditions entravant leur liberté, y compris leur liberté de mouvement (cf. la loi à l’origine de la campagne de contestation).

  1. A travers l’ironie du sourire permanent affiché par  l’interprète principal alors qu’il chante les terribles paroles suivantes: « Je me souviens de l’époque où tu étais assise dans la voiture familiale à l’arrière (….). Des ovaires sains et bien portants de façon à ce que tu puisses faire des tas et des tas de bébés (….). A l’avenir, tu ne peux pas oublier ton passé donc laisse de côté tes clefs de voiture (….). Hey petite sœur, ne touche pas à cette roue (…..). Mais tu peux préparer mon dîner que je partagerai avec toi. Tes pieds sont ton unique moyen de transport mais uniquement à l’intérieur de la maison. Je pense ce que je dis. Tout va bien se passer.»
  2. A travers le choix de la chanson « No Woman No Cry » de Bob Marley et de son interprète.
  • Bob Marley militait lui aussi pour le développement des droits sociaux pour la population noire jamaïcaine.
  • Ses chansons s’adressaient à la jeunesse et aux « rude boys » des ghettos, et tentaient de leur redonner espoir.
  • « No Woman No Cry » est son premier succès international. Il y console une femme affectée par la violence des ghettos en Jamaïque.
  • De nos jours, Bob Marley reste un symbole d’émancipation et de liberté. Il est aussi devenu l’un des symboles universels de la contestation.
  • Miroir de l’esprit rebelle des peuples opprimés, héros, exemple et modèle à la fois, Bob Marley est considéré par plusieurs générations déjà comme le porte-parole défunt mais privilégié des défavorisés.
  1. A travers les médias de communication:
  • L’anglais, langue internationale.
  • Youtube.
  • La parodie satirique.
 Vocabulaire spécifique

 

Rendition:  interprétation.

Youtube:c’est un site web d’hébergement de vidéos sur lequel les utilisateurs peuvent envoyer, visualiser et partager des séquences vidéo. Il a été créé en février 2005 par Steve Chen, Chad Hurley et Jawed Karim, trois anciens employés de PayPal.

Parodie: imitation satirique d’un ouvrage sérieux dont on transpose comiquement le sujet ou les procédés d’expression.

Satire: propos, œuvre par lequel on critique vivement quelqu’un ou quelque chose.

Arabie Saoudite: L’Arabie saoudite ou séoudite, officiellement le Royaume d’Arabie saoudite, est le deuxième par sa superficie des pays du monde arabe, après l’Algérie, et le plus grand des pays de la péninsule Arabique avec une superficie de plus de deux millions de km².

Le pays est limitrophe de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, d’Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis, puis du Yémen, et est bordé par la mer Rouge et le golfe Persique.

L’Arabie saoudite abrite les deux plus importants lieux saints de l’islam : Masjid al-HaramLa Mecque) et Masjid al-NabawiMédine). La devise nationale du pays est : « Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète ».

Révolution de Jasmin: La Révolution tunisienne de 2010-2011, parfois appelée « Révolution de jasmin, est une révolution considérée comme essentiellement non-violente[6], qui par une suite de manifestations et de sit-in durant quatre semaines en décembre 2010 et janvier 2011, a abouti au départ du président de la République de Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 1987.

Gabriel Péri, Eluard

Publié: avril 19, 2014 dans 1 arts et pouvoir, Eluard

                                                 « Gabriel Péri »

 

Un homme est mort qui n’avait pour défense

Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oublie

Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

    

 Paul Éluard, Au rendez-vous allemand, Paris, Éditions de Minuit, 1945.
Éditions de Minuit

 

A)Présentation de l’auteur :

 

Paul Eluard né en 1895, mort en 1952 était un poète appartenant au mouvement surréaliste. Gala, sa première femme lui inspire des poèmes d’amour mais Paul Eluard est également un poète de la Résistance. Il se rapproche des communistes et entre en Résistance en 1942 et écrit des poèmes clandestinement. Il s’oppose à l’occupant allemand et publie des poèmes de lutte, de réconfort et d’hommage.

 

B)Contexte du poème :

 

Gabriel Péri, homme politique et journaliste, était l’animateur des Cahiers clandestins du parti communiste pendant l’Occupation.

Il fut arrêté et fusillé par les Allemands en décembre 1941. Sa mort frappa les résistants et il devint une figure de martyr.

 

C) Problématique : Comment un hommage devient un appel à la Résistance ?

 

D) Analyse du poème :

 

-Poème de forme libre. 27 vers avec un nombre de syllabes différent (8=octosyllabes, 10=décasyllabe, 12=alexandrin)

 

-Le poème est un hommage à Gabriel Péri. Cependant, le début du poème ne mentionne pas son nom. Le poète écrit de manière directe et abrupte : « un homme est mort ».

 

-Les figures de style sont nombreuses et importantes. Le poète utilise surtout des figures d’insistance et d’exagération : -Anaphores : « un homme est mort » (trois fois) « le mot » (7 fois) « et certains noms » (2fois).

-l’anaphore « le mot » aux vers 17, 19 et 20 constitue un parallélisme et entraîne des rythmes binaires. Un autre parallélisme au vers 11 : « au fond de »

-Ces figures de style donnent plus d’expressivité, de la force et frappe les esprits.

 

-Le poète emploie également des antithèses, dans lesquelles il oppose les thèmes de la vie et la mort. La mort est celle de Gabriel Péri, la dénonciation de son exécution (le mot mort répété plusieurs fois). La vie est celle de l’espoir, de la lutte qui continue malgré la mort de Gabriel Péri. L’espoir lui n’est pas mort (vers 27). Les énumérations des vers 13 à 20 mettent en relief des valeurs de la vie (fruit, fleur, découvrir) et de la paix (frère, camarade, liberté, justice..)

-La fin du poème fait passer Gabriel Péri de la personne individuelle au cercle collectif  « nous ». Le tutoiement renforce les liens avec le lecteur contemporain. Pour que nous ayons un rapport amical avec lui. Renforcé par l’utilisation du mode impératif.

 

Cet hommage participe au devoir de mémoire et constitue un appel à poursuivre l’action résistante. On peut rattacher ce poème à un autre poème intitulé « Avis » extrait du même recueil Au rendez-vous allemand.

 

 

Chant des partisans

Publié: avril 16, 2014 dans 1 arts et pouvoir

Le Chant des partisans HDA (1) télécharger ici le dossier.

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Ten Marylin, Warhol

Publié: avril 13, 2014 dans 2 femmes

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Télécharger ici, le fichier pdf illustré: Ten Marilyns, A. Warhol

 

Ten Marilyn

 

Andy WARHOL

 

 
Problématique et analyse

L’image de la femme représentée dans cette œuvre est-elle une critique ou une illustration de la société américaine des années 60?

 

Date de création

Série     de 10 portraits créée entre 1963 et 1967 mesurant chacun 91.5×91.5cm.

Il était à la fois amoureux de Marilyn et fasciné par la mort.

Il a commencé une série de portraits de Marilyn Monroe peu de temps après son décès (5 août 1962). Andy Warhol a pris une des photos les plus connues de la star, un portrait au visage radieux réalisé en 1953 pour la promotion du film Niagara. La photo d’origine est en noir et blanc, il la colorie artificiellement pour le reproduire par sérigraphie.

La sérigraphie est un procédé qui consiste à reporter mécaniquement une image sur une toile en la réduisant à ses traits essentiels. L’image est sans détails. La technique permet la reproduction sans fin, toujours la même chose, le principe est ici mécanique.

 Contexte historique  

Aux USA, c’est l’époque de la grande prospérité durant les années 1960
- Développement de la société de consommation : recherche du bien-être matériel et apparition d’immenses supermarchés
- Développement d’une vraie culture populaire de masse à travers les comics, la télévision, la musique
- La consommation, le confort, les loisirs deviennent des valeurs essentielles. C’est ce que l’on appellera l’American way of life que ne cesse de vanter la publicité.

 Contexte artistique  

Le     Pop Art (abréviation de Popular Art) a été créé au milieu des années 1950 en Grande Bretagne.     Il est caractérisé par la société de consommation c’est-à-dire la publicité, la télévision, les magazines ou encore les bandes dessinées.

 

 

Andy WARHOL

De son vrai nom Andrew Warhola.

Est né le 6 août 1928 à Pittsburg aux Etats-Unis.

Est mort à New York le 22 février 1987.

 

A commencé sa carrière comme illustrateur dans la publicité avant de se faire connaitre comme peintre, photographe et réalisateur de films.

 

A été un des pionniers à faire du Pop Art aux Etats-Unis.

 

Thèmes récurrents : la mort, le culte de la célébrité, l’image et son pouvoir au sein de la société de consommation.

 

 

Interprétation de l’œuvre

Ici, il accentue dans Marylin ce qui en fait l’image de la pin-up : les lèvres, le « maquillage » un peu vulgaire des yeux, la blondeur. Les pin-ups, à l’origine, étaient des images érotiques distribuées aux soldats pour remonter le moral des troupes.   Les couleurs utilisées sont vives, jusqu’à saturation.

La couleur du maquillage des paupières est la même que celle du fond de la toile.

Les couleurs sont irréelles par rapport à celle de la carnation humaine : elles sont utilisées pour attirer l’attention, voire choquer l’œil afin qu’il retienne l’image. Parfois les couleurs sont foncées sur certains portraits qui font disparaitre l’image.

Sur certains portraits, le visage de l’actrice ressort bien : ils     se rapprochent le plus de la réalité en termes de couleurs (cheveux, peau)

Sur d’autres, son visage est comme écrasé sous les couleurs, voire sombre.

Par l’assemblage de ces portraits, il révèle la mort de l’image en parallèle avec la mort de la célébrité, la montrant sous des jours fastes, puis obscurs.

En répétant, il rappelle l’omniprésence de M. Monroe dans les médias.

 

Rapport à la problématique

Il voulait reproduire Marilyn Monroe en grande quantité, comme dans une chaine industrielle. Marilyn, célèbre actrice, symbole de beauté, sexy, féminin était un ‘produit’ des années 50-60 : adulée de tous, fantasme des hommes, le moindre film déplaçant des foules. La femme est un objet de désir et une icône.  Marilyn était une femme mais c’était surtout un produit désiré par tous. L’alignement des visages dans certaines œuvres de Warhol fait immédiatement penser à l’étalage des objets dans les supermarchés.

Dans cette série de portraits, il a voulu ‘rabaisser l’art’ et prouver que l’on pouvait en faire un produit de consommation courante et jetable. Elle illustre cette rupture dans l’histoire de l’art : on passe d’un artisanat à une véritable industrie artistique.

Vocabulaire spécifique

Pop Art

Sérigraphie

 

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

A fait d’autres portraits d’autres célébrités : Jackie Kennedy, Elvis Presley, Liz Taylor

D’autres peintures célèbres : La boite à soupe de la marque Campbell, Coca-cola.

Autre

Autres artistes du pop art :

-       Roy Lichtenstein

-       Jasper Johns